C’est un portrait sensible de la cité mère d’Afrique du Sud dans d’élégants clichés en noir et blanc. Le livre Farewell Cape Town du photographe Benjamin Hoffman et de l’écrivain Sophie Bouillon publié aux éditions de Juillet dresse un panorama clair-obscur d’une ville couverte de cicatrices et pourtant pleine de vie. 


© Benjamin Hoffman, courtesy Éditions de Juillet

Comme s’il devait d’abord l’approcher par son humeur particulière, par son courant empli d’amertume et de sel, par ses remous et ses reflux, c’est avec une photographie de l’océan que Benjamin Hoffman entame son livre dédié à la ville du Cap. La deuxième photographie, très précisément, de sa série est consacrée à cette cité d’Afrique du Sud, pleine de contrastes, territoire idéal pour la déambulation d’un photographe. Benjamin Hoffman se perd volontairement dans les interstices de la ville et attrape ce qui lui prend l’œil sur son passage. C’est un visage contrarié, un groupe d’individus qui zonent, une camionnette qui flambe. De la violence, mais aussi de la douceur et de la poésie, comme ce couple qui voyage dans un bateau et dont l’un des deux plaque sa tête sur l’épaule de l’autre. Il y a ces enfants qui jouent, perchés sur un portique ou ces jeunes gens en train de mixer de la musique en pleine rue, de la jouissance plein les yeux.


© Benjamin Hoffman, courtesy Éditions de Juillet

Songes

Souvent, les photographies de Benjamin Hoffman déclenchent un sourire complice dont on s’émeut tandis qu’on salue la joie de vivre qu’il réussit à capter. Mais il parvient aussi à souligner un je-ne-sais-quoi de mélancolique dans de nombreux portraits qu’il fait des habitants de la ville. Cet homme assis dans un train qui regarde l’horizon, sa casquette sur la tête et semble comme absorbé par le paysage, méditatif et peut-être même nostalgique. Cet autre individu au volant d’une camionnette et qui ferme les yeux tandis que des enfants papotent à l’arrière du véhicule. Il paraît occupé à d’intenses réflexions, à des songes profonds qui l’emportent loin de nous. Cette capacité à saisir les errances ordinaires des habitants du Cap donne un supplément d’âme aux photographies de Benjamin Hoffman qui persistent longtemps dans la rétine, fruits d’une rencontre entre lui et ceux qui font la ville, ceux qui la rendent aussi vivante et vibrante qu’on peut le voir dans ce livre.


© Benjamin Hoffman, courtesy Éditions de Juillet 

© Benjamin Hoffman, courtesy Éditions de Juillet 

© Benjamin Hoffman, courtesy Éditions de Juillet 

© Benjamin Hoffman, courtesy Éditions de Juillet

Par Jean-Baptiste Gauvin

Farewell Cape Town

Un livre de Benjamin Hoffman et Sophie Bouillon

Éditions de Juillet, Parution fin avril 2019, 25€

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