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Peintre de formation, Guillaume Hébert s’est progressivement tourné vers la photographie jusqu’à en faire son médium de prédilection. Dans sa dernière série Sceneries, l’artiste poursuit une démarche singulière : confronter ses photographies à la tradition classique du paysage en peinture. Un mélange étonnant dont il nous confie les secrets de fabrication.


De la série Sceneries, 2018 © Guillaume Hébert

Dans plusieurs de vos séries, vous associez la photographie et la peinture. D’où vous est venue cette idée ? 

L’idée m’est venue quand j’étais à Taiwan. J’ai commencé à travailler sur les ciels en photographie et je me suis aperçu que mes images ressemblaient beaucoup à des peintures et je me suis dit ‘mais pourquoi pas mettre directement de la peinture en fond ?’ J’ai trouvé que ça marchait extraordinairement bien et je trouvais ça plutôt intéressant ce contraste et ce rapport entre les matières et les couleurs et ce que ça suscitait à l’oeil. J’ai continué en prenant des espaces urbains et avec la série Sceneries, j’explore les vestiges du théâtre d’Arles où j’avais été invité dans le cadre du festival Voies Off. En travaillant sur le théâtre d’Arles, je recompose un théâtre, c’est-à-dire un décor avec ce que j’ai sous la main. 

Pouvez-nous expliquer comment vous procédez ? 

J’ai une collection de plusieurs reproductions de peintures de maîtres que j’ai pris en photo dans des musées - évidemment ce sont des peintures libres de droits - ou que j’ai collecté sur internet. J’ai choisi des peintres qui vont de la Renaissance jusqu’au 19e siècle avec le Réalisme et le Naturalisme. C’est une très large période qui me permet de composer plus facilement après parce que selon l’approche des peintres, la lumière, la perspective, la profondeur de champ, je peux adapter mon fond à la photographie. 

Vos images sont baignées d’une lumière crépusculaire et dénuées d’homme. On a l’impression de voir un monde post-apocalyptique d’où l’homme aurait disparu et d’assister à une vision dystopique. 

C’est assez juste et je m’aperçois aujourd’hui - notamment en écoutant les émissions sur l’effondrement, le climat et tous ces sujets-là - qu’on parle beaucoup de l’anthropocène et enfin de compte, j’y suis assez sensible depuis longtemps. Effectivement, c’est un peu la trace que nous laissons dans le paysage. On peut penser que les hommes ont disparu, mais il reste quand même des traces de notre civilisation, d’une civilisation antérieure et elle est omniprésente. 


De la série Sceneries, 2018 © Guillaume Hébert

 


De la série Sceneries, 2018 © Guillaume Hébert

 


De la série Sceneries, 2018 © Guillaume Hébert

 


De la série Sceneries, 2018 © Guillaume Hébert

 


De la série Sceneries, 2018 © Guillaume Hébert

 


De la série Sceneries, 2018 © Guillaume Hébert

 


De la série Sceneries, 2018 © Guillaume Hébert

 

Par Coline Olsina et Jean-Baptiste Gauvin

 

Ce portfolio a été sélectionné par la rédaction de Blind à la suite de son appel à participation

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