Le photographe aquatique français publie Line-Up, un ouvrage référence sur les vagues et le surf.

© Laurent Masurel

C’est vers ses douze ans que Laurent Masurel a ressenti l’envie de photographier pour la première fois l’océan, les jeux de lumières et de reflets, « la vague qui enfle, qui remplit petit à petit tout l'espace », comme il dit. Il a commencé avec un 35 mm, un Praktica, qu’il avait emprunté à son père. Mais très vite, il a acheté son premier appareil d’occasion, un Nikonos V, un appareil sous-marin et cette passion pour la mer ne l’a plus jamais quittée.

Ancien compétiteur de bodysurf, Laurent Masurel se consacre aujourd’hui entièrement à la photographie. Entre les photoreportages, les shootings pour les marques (Patagonia, Tribord, Rip Curl…), les catalogues et les magazines, les tournages pour des événements de glisse, Masurel vit pleinement de sa passion. Il est aussi le photographe officiel de la World Surf League, une entreprise américaine chargée de l'organisation de toutes les compétitions professionnelles de surf dans le monde. « En surf trip », explique t-il, « j'essaye d'être le plus possible en photo aquatique, surtout si l'eau est chaude (Hawaii, Polynésie, Maldives, Canaries...). Je suis un photographe avec une spécialité maritime, en immersion. Je fais de la photographie aquatique et ce que je préfère, c’est être dans cet élément. »

© Laurent Masurel

Selon Laurent Masurel, une photo réussie « accroche le regard, même en vignette, car elle a de la force à travers la lumière, les couleurs, l'angle, le point de vue, le moment, la technique novatrice, le parti pris, souvent simple, sans fioritures. La photo réussie est souvent celle qui répond au mieux à beaucoup de ces critères en même temps. » Comme matériel, il utilise un boîtier Canon EOS1DX et une dizaine d'objectifs entre le 14 mm et le 600 f/4. Il s’est aussi mis à l'hybride avec les Sony A6000 et A7S, surtout en aquatique où pour les objectifs, il varie du Tokina 10-17 mm au Canon 70/200 mm avec des caissons liquideye de Philippe Chevodian, « légers et fonctionnels » précise-t-il.

En 2014, Pierre Nouqueret, directeur de l'agence Hondarra, auteur de livres sur les vagues et commissaire d'expositions sur le surf, demande à Laurent Masurel une sélection de photos de line-up. Quand Pierre Nouqueret parle de line-up, il parle du moment où « la houle de l’océan atteint la côte ; s’aligne à l’approche du rivage et génère de belles vagues, bien formées, au déroulement régulier. » Le line-up, c’est l’endroit du take off, là où le surfeur se lève sur sa planche et s’élance dans la vague.

© Laurent Masurel
© Laurent Masurel

Après réception des images, Pierre Nouqueret propose à Laurent Masurel de l’aider à la conception du livre. Il envisage alors de rassembler et présélectionner des photos (y compris les siennes) de photos de line-up prises partout dans le monde (Hawaï, Australie, France, Maroc…) avec des critères précis : plus de deux lignes de vagues qui ouvrent, si possible déferlantes, avec au moins un surfeur dessus et tout autour de beaux écrins de paysages. Selon Laurent Masurel, « Ces photos ne sont pas faciles à faire. Elles demandent un effort particulier d'angle de vue, d'attente du meilleur jour, du meilleur moment, de la meilleure lumière »

Il est très rare que tant de photos (près d’une centaine) de line-up prises aux quatre coins du monde soient réunies dans un seul et même livre, ce qui en fait un ouvrage de référence sur le sujet. On les trouve généralement de manière éparse dans des magazines spécialisés ou sur internet mais l’effet n’est pas le même. Les voir imprimées sur papier, dans un format cinéma, donne envie de plonger dans les images.

 

Par Sabyl Ghoussoub

Né à Paris en 1988 dans une famille libanaise, Sabyl Ghoussoub est un écrivain, chroniqueur et commissaire d'exposition. Son deuxième roman Beyrouth entre parenthèses est sorti aux éditions de l'Antilope en août 2020.



Line-up, Pierre Nouqueret et Laurent Masurel, 48 €. Disponible ici.

 

© Laurent Masurel
© Laurent Masurel
© Laurent Masurel
© Laurent Masurel
© Laurent Masurel

 

Lire aussi : Road trip américain, brut et poétique, avec Théo Giacometti

 

Article précédent Article suivant