Mêlant photos de famille et mises en scène, le photographe iranien Morteza Niknahad réalise une série touchante autour de sa mère malade.

© Morteza Niknahad

C’est au moment où le photographe iranien Morteza Niknahad luttait contre la dépression qu’il a entamé sa série « Big Fish ». Sa mère était malade depuis de nombreuses années, une maladie mystérieuse que les médecins n’arrivent toujours pas à diagnostiquer, causée potentiellement par les démons du passé. Tout avait commencé par le rêve, une nuit, d’un gros poisson qui envahissait sa vie.

Né en 1984 à Bandar Abbas, Niknahad a abandonné des études classiques pour se diriger vers le cinéma et la photographie. Depuis plus de quatre ans, il se consacre à l’histoire méconnue des origines de la diaspora africaine en Iran et à l’histoire de l’esclavage.

© Morteza Niknahad
© Morteza Niknahad

Dans « Big Fish », le sujet est autre, il est familial. Le photographe mêle photos d’archives familiales et mises en scène qu’il a mises en place avec ses proches - dont sa mère - qui ont accepté de jouer le jeu. « Loin des considérations d'une famille de province », dit Anahita Ghabaian Etehadieh, la commissaire d’exposition et directrice de la galerie Silk Road Gallery à Téhéran, « il raconte librement les événements qui ont bouleversé la vie de sa mère, l'ont amenée à décider de divorcer, puis à y renoncer pour ses enfants ». Entre rêve, cauchemar et réalité, Niknahad parvient à transformer ses émotions en un projet photographique touchant.

© Morteza Niknahad

« Niknahad recompose l'ambiance de la maison familiale », ajoute Anahita Etehadieh. « Il représente la mère tantôt aux prises avec le poisson, tantôt l'incarnant, regardant l'écran de biais, les bras serrés contre le corps rappelant les nageoires du poisson. » Certaines images rappellent l’enfance et la jeunesse de la mère. D'autres décrivent le présent. À l'issue du projet photographique, les médecins seront formels, l'état de santé de la mère deMorteza Niknahad s'est nettement amélioré.

 

Par Sabyl Ghoussoub

Né à Paris en 1988 dans une famille libanaise, Sabyl Ghoussoub est un écrivain, chroniqueur et commissaire d'exposition. Son deuxième roman Beyrouth entre parenthèses est sorti aux éditions de l'Antilope en août 2020.

 

« Big Fish », Exposition en ligne. Silk Road Gallery, Téhéran. Plus d’informations ici.

 

© Morteza Niknahad
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