Parmi une liste de douze finalistes, le Comité exécutif du prix en a retenu deux. La photographe suisse Dominique Teufen et le portugais Nuno Andrade. Courts portraits de ces deux lauréats et de leurs œuvres.

Dominique Teufen

Née en 1975, la photographe mène un travail plastique qui lui sert d’assise à son œuvre photographique. Ainsi, formée d’abord à la sculpture, elle utilise son expérience pour réaliser des clichés à partir d’installations matérielles et donne à voir des tableaux surprenants, des paysages imaginaires confectionnés avec soin. Il y a notamment sa très belle série Stars ? Copied dust - my travel through the world on my copy machine. L’artiste, à partir d’une photocopieuse, a créé des vues qui ressemblent à celles que l’on pourrait faire en haute-montagne. Illusion, ces images sont entièrement composées par Dominique Teufen et c’est là où l’artiste nous piège dans un élégant jeu qui brouille les frontières entre la réalité et la fiction, nous questionne sur notre perception des choses et du monde, sur l’invention de formes et d’espaces.


My travel through the world on my copy machine © Dominique Teufen

 


My travel through the world on my copy machine © Dominique Teufen

Nuno Andrade

Avec sa série Ginjal, Nuno Andrade documente la vie d’un célèbre restaurant situé à la périphérie de Lisbonne. Lieu mythique qui voit passer un grand nombre de personnages fascinants que le photographe se fait fort d’immortaliser sous son objectif. Fragments de corps, déhanchement au cours d’une danse enfiévrée, baiser foudroyant sous la lumière du flash, tatouage d’un scorpion sur la jambe d’une femme... Le tout rend compte de l’ensemble d’une fête trouble et troublante que l’artiste a réussi à retranscrire dans des clichés pris sur le vif. À la façon d’un Anders Petersen dans sa très belle série Café Lehmitz, Nuno Andrade révèle une atmosphère enivrante où se déchainent les chairs abîmées de femmes et d’hommes qui se perdent dans la combustion d’eux-mêmes au cours d’une nuit éphémère.


Ginjal © Nuno Andrade

 


Ginjal © Nuno Andrade

 

Par Jean-Baptiste Gauvin

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