Jusqu’au 20 avril prochain, la galerie lyonnaise Le Réverbère réunit les travaux de quatre photographes à la quête commune. Serge Clément, Baudoin Lotin, Julien Magre et Bernard Plossu sont d’ infatigables chercheurs d’or, obsédés par cette Poésie abstraite du réel.

Julien Magre le réverbère

Troubles, 2013 © Julien Magre, Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon

L’exposition présente pas moins de 85 tirages et crée un dialogue inédit entre ces photographes originaires des quatre coins du globe. Si les kilomètres et les âges les séparent, ils s’inscrivent tous dans la tradition de la balade photographique. D’Eugène Atget à Walker Evans en passant par Saul Leiter ou encore Luigi Ghirri, on retrouve dans ces images les vertus de la marche et du voyage, sources inépuisables d’inspiration pour les photographes.

serge clement le reverbere

Quadrille, Beauvais, France, 2017 © Serge Clément, Courtesy Galerie Le Réverbère

Capter l’instant

Un rideau entrouvert, une projection du soleil comme une ligne de fuite éclatante sur un sol sombre, une ombre sur un visage, un chat noir, un chat blanc comme seules présences vivantes dans une composition minérale, autant de détails subtils et fugaces qui nous échappent… L'exposition est riche de ces instants uniques qui s'offrent à nous dans toute leur grâce inattendue.

On retrouve ainsi le goût de Serge Clément pour les fenêtres, étonnantes surfaces sensibles propices aux expérimentations graphiques. Comme cette image d'une porte d'immeuble à Beauvais, rythmée par une savante composition de lignes géométriques et de perspectives imbriquées. L'oeil du photographe, toujours à l'affût des détails, se glisse dans les interstices, saisit une ombre opportune sur une volée de marches qui suffit à animer l'espace.

le reverbere bernard plossu

Porquerolles, 1976 © Bernard Plossu, Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon

Sérendipité

Où trouver cette "poésie du réel" ? Cette obsession devenue un moteur a conduit ces quatre photographes voyageurs du Mexique à la France, de Naples à Tokyo, sans que jamais pourtant, ils oublient que l'exotisme du voyage ne garantit pas la poésie.

Si elle nécessite des années d’observation, elle demeure le fruit du hasard. En science, on parle de “sérendipité”, soit la découverte heureuse d’une chose totalement inattendue et d’une importance capitale, survenue alors qu'on cherchait autre chose. En inlassables voyageurs, ces quatre photographes nous font naviguer de ville en ville et nous invitent à rejoindre leur insatiable quête.

baudoin lotin le reverbere

Cuauhtemoc, 2001 © Baudoin Lotin, Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon 
serge clement le reverbere

Duché, Guise, France, 2017 - © Serge Clément, Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon 
bernard plossu le reverbere

 Níjar, Almeria, 1992 © Bernard Plossu, Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon 
julien magre le reverbere

 La moindre lumière, 2018 © Julien Magre, Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon 
Baudoin Lotin le reverbere

San Rafael, Sierra Madre occidentale, Mexique, 1982 © Baudoin Lotin, Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon

Par Coline Olsina

 

« La poésie abstraite du réel » Serge Clément, Baudoin Lotin, Bernard Plossu, Julien Magre 

Du 25 janvier au 20 avril 2019

Galerie Le Réverbère, 38, rue Burdeau, 69001 Lyon

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