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Renato d’Agostin expose jusqu’au 31 août sa dernière création, Harmony of Chaos, à la Galerie Thierry Bigaignon, à Paris. Les partis pris du photographe - un travail d’abstraction organisé autour des moyens de l’argentique, de l’appareil photo jusqu’à la chambre noire – servent ici une réflexion sur la façon dont l’environnement urbain impacte l’Homme et son identité. 


© Renato d'Agostin, Courtesy Galerie Thierry Bigaignon

L’incontournable chambre noire

Photographe italien, Renato d’Agostin est l’un des représentants actuels de la photographie argentique. Son travail est exposé depuis longtemps dans de nombreux musées internationaux, parmi lesquels le Centre International de la Photographie de New-York, le LACMA à Los Angeles, ou encore la Maison Européenne de la Photographie à Paris.

Si son style est si reconnaissable, c’est qu’il considère la chambre noire comme véritable extension de son appareil photo : « La chambre noire est un élément important de mon travail car c’est là que je me connecte avec les éléments (…) c’est à ce moment-là que je peux être suffisamment rationnel, ou courageux pour prendre des risques, enlever ou ajouter quelque chose » déclare-t-il dans une interview accordée au magazine GUP en 2018. C’est d’elle qu’émerge ainsi ce que l’on peut décrire comme le style d’Agostin : des noir et blanc aux formes et aux géométries affûtées, des jeux d’échelle et des contrastes vertigineux. 

« La chambre noire est un élément important de mon travail car c’est là que je me connecte avec les éléments »

Une abstraction humaniste

Au travers des 13 photos qui constituent sa série, Harmony of Chaos, Renato d’Agostin a souhaité montrer la façon dont les villes et leurs infrastructures impactent l’Homme et son identité. C’est dans l’effervescence de Shanghai qu’il dit avoir pensé le projet : rendre compte de cet infiniment petit qui ne peut s’observer qu’à grande échelle, ce sentiment d’anonymat et de claustrophobie inhérent à toute vie urbaine. 


© Renato d'Agostin, Courtesy Galerie Thierry Bigaignon

Pour ce faire, il a mis en place un dispositif grand format : une chambre noire de 100 mètres carrés et a formalisé un procédé : par la surimpression de plusieurs négatifs d’une même pellicule, il cherche à « recréer cette sensation de ruche en mouvement perpétuel ». Par l’agrandissement de ces images fabriquées, il parvient à dire ce qui ne peut se voir à l’œil nu, ce qui se pressent ; et n’est-ce pas là l’ultime réussite de tout photographe ? En organisant la juxtaposition des présences, fragiles et organiques (l’homme, la nature) et matérielles (architecturale), il parvient ainsi à rendre compte de cette inquiétude et de cet écrasement urbain, mais aussi de la poésie qui en découle. Sa photographie devient ainsi notre regard mélancolique, cet instant où la vie urbaine peut s’envisager sous l’angle de la surprise et du beau singulier, acceptable. 


© Renato d'Agostin, Courtesy Galerie Thierry Bigaignon

 


© Renato d'Agostin, Courtesy Galerie Thierry Bigaignon

 


© Renato d'Agostin, Courtesy Galerie Thierry Bigaignon

Par Sophie Puig

 

Renato d'Agostin, Harmony of chaos

25 mai - 31 août

Galerie Thierry Bigaignon, 9, rue Charlot, 75003 Paris 

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