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Le prix W. Eugene Smith figure parmi les plus anciens prix de photo. Il récompense chaque année un photographe dont le travail s’inscrit dans la tradition de la photographie humaniste telle que pratiquée par W. Eugene Smith. En parallèle de ce prix, il existe aussi un prix spécial pour les étudiants. Deux finalistes ont retenu l’attention de la rédaction de Blind. C’est le cas du photographe Maximilian Mann qui s’est rendu en Iran, dans un coin du pays qui doit affronter une catastrophe écologique. 


© Maximilian Mann

C’est un paysage nouveau que croisent les habitants de cette région d’Iran : un lac sans eau. Ici, les bateaux jonchent le sol comme des « baleines échouées » dit le photographe et donnent l’impression d’un paysage surréaliste, accentuée par la blancheur liée aux rayons d’un soleil ardent. En quelques années, la superficie du lac d’Ourmia, situé au nord-ouest du pays, a diminué de 80%. La cause ? Une agriculture intensive qui fait fi de la question écologique. Si rien n’est réglé, 5 millions d’habitants risquent de quitter la zone. 

Avec des images aux compositions soignées, Maximilian Mann livre un reportage complet sur cette région en danger. On voit des agriculteurs récolter des pommes dans un champ tandis que, sur une autre photographie, une poignée d’individus posent leurs pieds sur le terrain de l’ancien lac, aujourd’hui asséché. « Je pense que les problèmes environnementaux sont les plus grands défis de ma génération », affirme le photographe et il ajoute : « Avec ma collection de photos, je veux montrer la différence entre la beauté de la région et la catastrophe de l'assèchement du lac. » C’est dans cet entre-deux que se situe Maximilian Mann, à la fois témoin de ce qui fleurit encore dans cette région - les traditions, les interactions sociales comme cette partie de football qu’il prend en photo - et de ce qui meurt, comme ces oiseaux empaillés posés dans un musée, reliques de la vie d’un lac alors beaucoup plus grand. 


© Maximilian Mann

 


© Maximilian Mann

 


© Maximilian Mann

 


© Maximilian Mann

 


© Maximilian Mann

 


© Maximilian Mann

Par Jean-Baptiste Gauvin 

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