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Pour sa quatrième édition, Foto/Industria - biennale de photographie de l’industrie et du travail de Bologne - choisit le thème de la « technosphère » pour faire dialoguer les travaux des artistes sélectionnés. Blind recommande ce rendez-vous désormais prisé de la photographie européenne, du 24 octobre au 24 novembre 2019.


Tetrapods #1, Dongying, China, 2016, photo(s) © Edward Burtynsky, courtesy Flowers Gallery, London / Nicholas Metivier Gallery, Toronto

Sous l’égide de la Fondation MAST, institution bolognaise dédiée à la rencontre de la technologie, des arts et de l’innovation, Foto/Industria confie cette année sa direction artistique au critique et commissaire d’exposition milanais Francesco Zanot, succédant à François Hébel. Biennale dédiée à la photo « industrielle », Foto/Industria a fait le pari, depuis sa première édition en 2013, de traiter de l’appréhension et de la mise en images des thématiques connexes au travail et à la production, pan de la photographie habituellement peu valorisé. Le parcours de l’événement se construit autour de lieux historiques et contemporain de la cité bolognaise, et permet, à l’instar des Rencontres d’Arles, d’enrichir l’expérience d’exposition d’une dimension patrimoniale. D’édition en édition, Foto/Industria a su renouveler une programmation tant italienne qu’européenne qui fait dialoguer séries historiques et travaux récents, et s’est imposée comme un véritable rendez-vous culturel pour la photographie.


“Victoria Mathias” colliery in Essen, 1929, Albert Renger-Patzsch Archiv / Stiftung Ann und Jürgen Wilde, Pinakothek der Moderne, München © Albert Renger-Patzsch / Archiv Ann und Jürgen Wilde, Zülpich / by SIAE 2019

Pour ce cru, Francesco Zanot réunit un panorama international de photographes ayant interrogé par leur pratique, et pour toutes époques confondues, l’emprise des technologies sur les lieux, le travail et les hommes. D’Albert Renger-Patzsch à Matthieu Gafsou en passant par Luigi Ghirri, les choix de commissariat permettent assurément une belle mise en perspective de la manière, insidieuse ou salvatrice, dont cette « technosphère » régit tous cycles de vie. Dans l’éclectisme du palmarès, nous apprécions particulièrement la place laissée à la photographe génoise Lisetta Carmi qui, exposée au sein de l’oratoire de Sainte Marie de la Vie, présente deux séries autour du port de Gênes et de l’Italsider, dont certains clichés inédits révèlent un pan expérimental peu connu d’une œuvre empreinte de destins tragiques et sublimes. 


Port of Genova, 1964 © Lisetta Carmi. Courtesy of Martini & Ronchetti, Genova

 


Ferrari, Maranello, 1985-88 © Eredi di Luigi Ghirri

 


4.5.1 © Matthieu Gafsou / Galerie C / MAP

 


Bulgari, Vicenza, 1988-1989 © Eredi di Luigi Ghirri

 

Par Anne Laurens

 

Foto/Industria, 4ème Biennale de photographie de l’industrie et du travail

11 expositions à Bologne

Du 24 octobre au 24 novembre 2019

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