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Créée en décembre dernier, la Fondation Photo4food s’engage à soutenir des associations qui luttent contre la malnutrition et la pauvreté grâce à la vente de photographies offertes par des artistes. Une initiative remarquable qui allie création et générosité, photographie et engagement. Rencontre avec Virginie Goy, co-fondatrice de la Fondation.


© Kevin Millet

En quelques mots, en quoi consiste votre fondation ?

La fondation a deux missions : aider des associations qui luttent contre la malnutrition et promouvoir le travail d’artistes engagés qui ont fait don d’une partie de leur travail à la Fondation. Pour les remercier, la Fondation s’engage à promouvoir leur travail en organisant des événements, des expositions, des dîners de charité, en les promouvant sur notre site internet et sur notre compte Instagram. 

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de créer la fondation Photo4food ?

C’est mon mari Olivier avec qui j’ai créé cette Fondation qui a eut l’idée. Il est photographe à ses heures perdues et passionné de photographie. Après son passage au festival Venezia Photo l’an dernier, il a fait le constat qu’il est très difficile pour un photographe de se faire connaître et que cela coûte très cher. Par ailleurs, nous avons toujours, à titre personnel, aidé des associations qui luttent contre la malnutrition et notamment une : Août Secours Alimentaire. C’est une association qui prend le relais des autres associations quand elles ferment en août. Olivier s’est donc dit qu’il fallait arriver à faire quelque chose pour aider des associations comme celle-là et lier cela avec sa passion pour la photographie.


© Charlotte Bovy

Pourquoi voulez-vous soutenir particulièrement cette cause ? 

Parce que c’est la chose essentielle de pouvoir manger et c’est très triste de se dire qu’aujourd’hui, il y a encore des gens qui ne peuvent pas manger. Il y a plein de causes à soutenir, mais celle-ci, c’est celle qui est à la base de tout. 

Est-ce que l’art manque d’engagement concret selon vous ?

Je n’ai pas en tête d’autres actions artistiques qui aident les autres de cette manière, mais je trouve que l’idée qu’a eue Olivier est sympathique dans le sens où lorsque tu achètes une photo, tu allies une cause qui est vraiment importante à quelque chose de plus léger et qui te fait plaisir, et ça ce n’est pas toujours facile. Par ailleurs, les vingt artistes qui nous ont rejoints n’ont pas hésité une seconde et ça, c’est une vraie preuve d’engagement ! Je les en remercie vivement !


© FLORE

Et donc tout l’argent récolté est exclusivement consacré aux associations ? 

Oui, tout à fait. Avec Olivier, nous avons pris l’engagement de doter la Fondation d’un capital sur dix ans qui permettra de couvrir l’ensemble des frais fixes comme les frais de tirages, d’exposition, de location… Par exemple, le dîner de charité que nous organisons en juin sera entièrement financé par ce capital et non par la vente des photographies. C’est-à-dire que le premier euro collecté grâce à une vente ou à un don - car le public peut aussi faire des dons sans acheter de photos - va directement aux associations. Un euro collecté, c’est un euro reversé. Et chaque photo achetée permet de financer plus de 400 repas !

Vous envisagez d’agrandir le nombre d’artistes que vous soutenez ? 

Oui, bien sûr. Pour le moment, nous essayons de rendre la pareille aux vingt photographes qui nous ont rejoints donc nous n’acceptons pas de nouveaux photographes, mais l’idée, c’est évidemment de grandir et d’en accueillir d’autres à l’avenir. 


© Letizia Le Fur

Comment avez-vous réussi à convaincre plusieurs photographes de participer ? 

Olivier a sollicité des photographes qu’il avait rencontrés au festival Venezia Photo mais aussi des amis, toutes personnes susceptibles de nous présenter des photographes que le projet intéresserait. Nous avons aussi créé un conseil d’orientation qui est composé de cinq membres dont la conservatrice Emmanuelle de l’Ecotais et le galeriste Arnaud Adida. Chacun d’entre eux nous aide à rencontrer des photographes et nous conseille de façon à proposer une sélection intéressante et de qualité. Dans notre conseil d’administration, nous sommes contents de compter sur la participation de Sebastiao Salgado et de personnalités reconnues. 

Quels sont vos espoirs pour la suite ? 

Nos espoirs, c’est de vendre beaucoup de photographies pour pouvoir financer toutes ces associations qui en ont tant besoin. La première action que nous avons menée, c’est le financement d’un point de distribution de repas à Paris dans le 9ème avec les Restos du cœur. L’idée, c’est d’arriver à se faire suffisamment connaître pour promouvoir les artistes, pour vendre leurs images, mais également pour soutenir de plus en plus d’associations. 


© Stanislas Augris

 

 

Propos recueillis par Coline Olsina

Lien vers le site : https://www.fondationphoto4food.com/

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