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La galerie Miranda à Paris présente jusqu’au 22 février prochain les délicats volatiles captés par la photographe américaine Terri Weifenbach. C’est dans son jardin à Washington que la photographe a saisi au vol le passage fugace et gracile des merles, mésanges et autres oiseaux des villes… Rencontre avec une amoureuse de la nature.  


© Terri Weifenbach, Courtesy Galerie Miranda

Si vous passez par la galerie Miranda lors d’une de vos prochaines balades hivernales dans le 10e arrondissement de Paris, vous aurez peut-être la chance de croiser le chemin de Terri Weifenbach. Un verre de thé à la main et de sa voix velouté, elle vous expliquera probablement comment elle est parvenu à photographier ce petit peuple des arbres. 

« Je ne les guette pas, ce sont eux qui m’appellent » explique la photographe lorsqu’on lui demande comment elle procède pour approcher des êtres aussi farouches. « Il y a une sorte de connexion entre nous, je ne me l’explique pas mais lorsque je les entends chanter de ma fenêtre, je sais que je peux aller les photographier et qu’ils ne s’en iront pas ». 


© Terri Weifenbach, Courtesy Galerie Miranda

En communion avec la nature

D’un pas discret, l’âme sereine, la photographe approche calmement les oiseaux et pose souvent son appareil photo au ras du sol. Les notes floues d’une fleur ou d’un battement d’aile se mêlent à l’ultra-netteté d’un tronc d’arbre ou d’un moineau urbain perché sur une brindille. Il lui faut parfois prendre la photographie à plusieurs reprises mais elle « sait » qu’elle peut compter sur la coopération des volatiles. Les saisons défilent devant son objectif et avec elles, toutes les parades, envolées et autres chorégraphies de nos amis à plume. 

Son jardin, petit éden urbain, montre qu’on peut maintenir un contact avec la nature même lorsque l’on est citadin. « Il ne faut pas trop l’entretenir » conseille Terri Weifenbach, « c’est important de laisser par exemple pourrir les feuilles d’automne car cela amène des insectes qui nourrissent ensuite les oiseaux ».


© Terri Weifenbach, Courtesy Galerie Miranda

Tant qu’il est encore temps

Au-delà de sa fascination pour les oiseaux, il y a donc aussi une réflexion écologique. Son contact quotidien à la nature ne lui rappelle que plus vivement l’urgence de la situation environnementale. « Les oiseaux disparaissent, je ne les entends plus chanter comme avant » raconte Terri Weifenbach. Un constat d’autant plus triste lorsqu’on sait qu’il y a déjà soixante ans, la chercheuse américaine Rachel Carson nous alertait sur la disparition des oiseaux avec son livre Printemps silencieux en référence à la disparition des chants des oiseaux. Un livre qu’elle connaît bien. 

En attendant, tant qu’il est encore temps, la photographe poursuit sa compile infinie d’oiseaux en tout genre. Sur les murs de la galerie, s’affiche également sa série Centers of gravity dans laquelle elle a figé, dans un camaïeu noir et blanc, les moindres gestes d’un oiseau qui s’envole, sorte d’inventaire formelle et poétique. 


© Terri Weifenbach, Courtesy Galerie Miranda

 


© Terri Weifenbach, Courtesy Galerie Miranda

 


© Terri Weifenbach, Courtesy Galerie Miranda

 


© Terri Weifenbach, Courtesy Galerie Miranda

 


© Terri Weifenbach, Courtesy Galerie Miranda

 

Par Coline Olsina

 

Terri Weifenbach : Photos/Books

Du 9 janvier au 22 février 2020

Galerie Miranda, 21 rue du Château d’Eau, 75010 Paris

 

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