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Privilégiant l’esprit de découverte qui a toujours caractérisé cette foire généraliste, la 22e édition de Art Paris innove avec une édition virtuelle pour cause de coronavirus. Au programme : 150 galeries d’art moderne et contemporain de 20 pays. 

« Passé le moment de sidération et d’abattement de voir disparaître un an de travail, nous avons décidé de réagir et de nous réinventer à travers une édition 100 % numérique », raconte Guillaume Piens, commissaire général de Art Paris depuis 2011. Après avoir reporté la foire d’avril à fin mai, puis imaginé la décaler à début juillet, les organisateurs de Art Paris avaient finalement pris rendez-vous pour 2021. Mais après un temps de réflexion, décision a donc été prise de lancer une version en ligne. 

Des contenus spécifiques 

Objectif : aller plus loin que les foires qui s’y sont déjà essayé, se limitant bien souvent à un contenu « statique » fait de textes et d’images, et donc vite ennuyeux… Audacieuse, Art Paris propose une expérience « comme si vous y étiez », ou presque. Le sésame : la 3 D. « Cette technologie promet au visiteur des sensations au plus proches de l’expérience physique, explique Guillaume Piens, à travers des accrochages reconstitués dans les galeries (pour les exposants parisiens) ou simulant les stands installés sous la coupole du Grand Palais pour les autres ». Autre atout mis en avant : l’interaction. D’un clic, le visiteur peut en savoir plus sur l’œuvre et d’un autre il entre en contact direct avec la galerie. 

Habitué à innover en ligne à l’image de son site lancé il y a 3 ans offrant la possibilité de faire une sélection d’œuvres par différentes tranches de prix – de 5 000 à 10 000, de 10 000 à 15 000, jusqu’à plus de 100 000 euros –, Art Paris a toujours affirmé sa volonté de faciliter le dialogue entre les galeries et les collectionneurs, qu’il soient experts ou néophytes : « Avec ces filtres par prix, mais aussi par discipline, galerie, pays ou encore date des œuvres, nous nous adressons à ceux qui n’ont pas l’habitude d’aborder les galeries et n’osent pas demander les prix », commente Guillaume Piens. 

Dans cet esprit, et parce que la raison d’être d’une foire est avant tout commerciale, Art Paris a souhaité aller plus loin avec un partenariat avec le site Artsy. La plateforme internationale de vente d’art en ligne accueille ainsi une sélection d’œuvres récentes de l’édition 2020 de Art Paris. « Concrètement, l’internaute peut acquérir les œuvres en ligne », explique Guillaume Piens. 


Art Paris Online Viewing, © Art Paris Art Fair 2020 / Artsy

Une édition fidèle à ses racines

Si tout change dans la forme, dans le fond, Art Paris garde son identité avec une édition articulée en différents focus. Tout d’abord, et pour la troisième fois consécutive, la foire propose un regard aiguisé sur la scène française sous l’intitulé Histoires communes et peu communes avec Gaël Charbau comme commissaire invité. Le critique d’art a sélectionné 22 artistes parmi lesquels, côté photographie, on trouve Elsa & Johanna (Galerie La Forest Divonne) qui poursuivent leur travail de mise en scènes, Caroline Le Méhauté (H Gallery) avec des cyanotypes ou encore Léa Belooussovitch (Galerie Paris-Beijing) dont les dessins sur feutre sont élaborés à partir d’images de presse. 

Après l’Amérique latine, c’est la péninsule ibérique qui est à l’honneur cette année, un secteur dont la direction a été confiée à Carolina Grau, commissaire d’exposition indépendante. Au total 25 galeries, et plus de 70 artistes de cette région du monde « car nombreuses sont les galeries du secteur principal à avoir joué le jeu en présentant des artistes espagnols ou portugais, à l’image de Esther Woerdehoff avec Albarrán Cabrera. Enfin, Art Paris, c’est aussi le secteur Promesses – 14 jeunes galeries dont 12 nouvelles par rapport à l’année dernière –, une programmation vidéo dédiée à la Péninsule ibérique et 22 solos show. 

Parmi le millier d’artistes de ce cru 2020, la photographie tient une place de choix, des grandes figures : Roger Ballen (Caroline Smulders et Karsten Greve), Valérie Belin (Nathalie Obadia), Liu Bolin (Paris Beijing), Pierre et Gilles (Templon), Hassan Hajjaj (193 Gallery)… aux émergents : Thomas Hauser (Un-Spaced), Charlotte Mano (Galerie XII), Edouard Taufenbach (Binome), Andrea Torres (Alzueta Gallery)… A vos écrans !

Par Sophie Bernard

Ouverture le 27 mai sur www.artsy.net/

Art Paris live à partir du 28 mai, www.artparis.com/fr

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