Identités forcées
Un livre de l’artiste visuel et chercheur Lukas Birk, intitulé MUG SHOT, révèle des photographies d’identité judiciaire conservées dans des archives historiques. Des images saisies à l’instant d’une arrestation qui, dans ce nouveau contexte, deviennent des sujets de contemplation.
Par Gaia Squarci. Recherche visuelle de Lukas Birk.
À l’origine créés pour des raisons administratives, ces portraits dévoilent des visages aux expressions allant de la défiance à la fierté, de la peur à l’indifférence. Chaque cliché a été réalisé au moment précis où l’identité publique d’une personne entrait en collision avec l’autorité institutionnelle. Bien qu’elles n’aient jamais été pensées pour susciter une quelconque réflexion, ces photographies portent toutes une question, poussant le regardeur à imaginer les histoires qu’elles renferment.
Lukas Birk qualifie ces photos « d’identité forcée », soulignant qu’elles peuvent représenter des personnes innocentes, des victimes de persécution, des opposants politiques, des détenus de camps, ou toute personne ayant osé défier le pouvoir en place. Des individus présentés comme « coupables jusqu’à preuve du contraire ».
Le livre semble inviter ses lecteurs à reconnaître comment un format prétendument neutre peut refléter, voire renforcer, les préjugés et les structures de pouvoir qui traversent la société.
Le livre MUG SHOT est publié par Fraglich Publishing et disponible au prix de 25 euros.