EN IMAGES

Indomptée

Le livre d’Irina Werning, Las Pelilargas, explore la portée culturelle des cheveux longs en Amérique latine, ainsi que le sentiment d’appartenance qu’ils ont fini par incarner.

 


Par Gaia Squarci. Photographies d’Irina Werning.

« Pour de nombreuses communautés autochtones, les cheveux sont une expression physique de la pensée — une extension de soi, à l’image des rivières qui s’écoulent ou des plantes qui poussent depuis la terre », écrit Irina Werning. Les recherches de la photographe débutent dans les Andes en 2006, à la suite d’une rencontre avec de jeunes filles aux cheveux exceptionnellement longs, lors de prises de vue réalisées dans des écoles de communautés Kolla autochtones en Argentine.

Au cours des 18 années suivantes, Werning a parcouru plusieurs villes et villages reculés, affichant des annonces manuscrites dans les écoles, les hôpitaux et les marchés, et organisant même des concours informels de cheveux longs afin de retrouver celles et ceux qui perpétuent cette tradition.

L’ouvrage s’ouvre sur une série de photographies en noir et blanc, réalisées en pleine nature ou devant des maisons aux murs de pierre, qui évoquent une continuité et une vie ancestrale. Les images en couleur qui suivent s’orientent vers une forme de portrait plus ludique et contemporaine, où les cheveux et le langage du corps — plutôt que l’expression du visage — occupent le premier plan.

Irina Werning photographie aussi bien des femmes que des hommes, et l’un des récits évoque le don des longs cheveux d’une jeune fille pour la fabrication de perruques destinées à des patients atteints de cancer. Tout au long du projet, les cheveux endossent une pluralité de rôles symboliques sans jamais être réduits à un seul sens. Leur nature indocile et rebelle, laissée libre, demeure intacte.

Le livre « Las Pelilargas » est publié par GOST  et proposé au prix de 55 euros.

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