Joao Piña: le camp de la mort lente
Le livre « Tarrafal », du photographe Joao Piña, révèle les histoires de prisonniers politiques dans le camp de concentration éponyme au Cap-Vert, dont celle de son propre grand-père.
Construit en 1936, alors que le Cap-Vert est une colonie portugaise, Tarrafal devient rapidement le « camp de la mort lente ». Le grand-père du photographe, Guilherme da Costa Carvalho, y est envoyé pour ses activités politiques en 1948. Un an plus tard, ses parents obtiennent exceptionnellement la permission de lui rendre visite et, dans l'intention d’informer les familles des autres prisonniers, ils prennent des images, alors les seuls documents visuels du camp.
Guilherme da Costa Carvalho, arrêté en 1948 pour avoir été membre du parti communiste portugais, a été envoyé au camp de concentration de Tarrafal en 1949, où il a passé vingt mois au total, avant d'être transféré au Portugal. Au cours de sa vie, il a passé seize ans et six mois en prison. © João Pina
L'une des cellules communes dans lesquelles les prisonniers étaient détenus dans le camp. © João Pina
Ville de Praia, île de Santiago © João Pina
Après avoir reçu de sa mère une boîte remplie de ces photographies d'archives, Joao Piña commence à rechercher puis à enregistrer ces récits de résistance, en rencontrant d'anciens prisonniers politiques et en les photographiant. Il complète son travail par des images des objets leur appartenant et de ce qu'il reste du camp. Le livre relance ainsi le dialogue sur le régime fasciste portugais et l'opposition à celui-ci à l'occasion du 50e anniversaire de sa chute.
Un groupe de prisonniers politiques portugais pose pour un portrait à l'intérieur du camp de concentration de Tarrafal, vers 1949. © João Pina
Éléphant en bois sculpté par le prisonnier politique António Nunes © João Pina
João Divo Macedo, un combattant de la liberté cap-verdien qui a passé quatre ans dans le camp de concentration de Tarrafal, au Cap-Vert, pendant la « phase africaine » du camp, de 1962 à 1974, lorsque les militants de l'indépendance africaine ont été arrêtés par la dictature portugaise. © João Pina
Entrée du camp de concentration de Tarrafal, île de Santiago. © João Pina
Le livre « Tarrafal » est publié par GOST et disponible au prix de 80$.