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Là où la route se fait lente

Le livre Panadella, du photographe Juan Sánchez, saisit l’atmosphère et les personnages de la Panadella, un point de passage en hauteur entre différents bassins fluviaux et régions d’Espagne.

Par Gaia Squarci. Photographies de Juan Sánchez.

Perchée à 710 mètres d’altitude,  Panadella fut autrefois un lien essentiel vers les plateaux de l’intérieur, les villes côtières et même la France voisine. Carrefour où les frontières se brouillent et où l’autorité paraissait lointaine, le lieu a forgé des habitants endurcis, méfiants envers les étrangers, façonnés par toute une vie à regarder les autres filer.

Les images de Sánchez, entre espaces désertés et portraits intenses, sont aussi soigneusement composées qu’inquiétantes. Elles montrent une communauté figée dans le temps, bien ancrée, tandis que les voyageurs ne font que passer.

Quand les années d’après-guerre se sont adoucies, les camionneurs et les voyageurs s’arrêtaient à Panadella. Les pompes à essence ronronnaient près des champs de céréales. Puis une nouvelle autoroute a détourné le flot des véhicules, filant désormais vers des destinations plus grandes sans même regarder à côté.

Ce qu’il reste aujourd’hui, c’est un paysage couvert de poussière et de souvenirs, la trace d’une prospérité dissipée, laissant des cicatrices durables.

Le livre Panadella est publié par Ediciones Anómalas et disponible au prix de 35 euros.

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