Le flux new-yorkais selon Daniel Arnold
You Are What You Do, une nouvelle monographie de Daniel Arnold, l’une des voix prééminentes de la photographie de rue contemporaine, est une confession d’amour non romantique à New York.
Par Gaia Squarci. Photographies de Daniel Arnold.
Le livre de Daniel Arnold révèle un portrait fidèle de New York, une ville qui s’accroche à un zeste de vie espiègle même dans ses moments les plus impitoyables. Effrontée, coriace, excessive, profondément incohérente. À travers son regard, le photographe isole des instants si ordinaires que nous les traversons sans les voir, puis les transforme en images qui surprennent et provoquent. Il s’attarde sur des scènes qui bouleversent les cartes, celles qui nous font littéralement penser : « ce n’est pas l’émotion attendue dans cette situation » ou « cette action n’a rien à faire ici ».
En exploitant le pouvoir qu’a photographie pour décontextualiser, Arnold montre à quel point il est déstabilisant lorsque la réalité refuse de se plier à nos récits pré-écrits. Tout au long du flux du livre, des références à l’histoire de l’art et à des photographes du passé surgissent dans les situations les plus banales, là où on les attend le moins.
Des compositions contemplatives alternent avec des scènes abrasives, passant par la même occasion en revue toutes les classes sociales new-yorkaises, des célébrités aux appartements surplombant Central Park aux personnes dormant dans la rue. Ce qui persiste toutefois, même dans les images les plus sèches ou absurdes, c’est l’empathie. En tournant les pages, il devient clair que Daniel Arnold n’observe pas seulement la tragicomédie de ces vies, irrésolues et souvent absurdes, qui pulsent à New York. Il se meut lui-même dans ce même courant.
Le livre You Are What You Do est publié par Loose Joints et disponible au prix de 54 $.