Le paradis a-t-il jamais existé ?
Dans son exposition « Artificial Paradise » à la Gallery Fifty One d’Anvers, l’artiste Bruno Roels invite les spectateurs à repenser ce que le paradis signifie pour eux, d’où provient ce concept et comment sa signification a évolué au fil de l’histoire.
Par Gaia Squarci. Photographies de Bruno Roels.
Le titre de cette exposition s’inspire de l’essai de Charles Baudelaire, Les Paradis Artificiels (1860), qui explore la relation entre les substances et la créativité, posant des questions sur la nature de l’inspiration et de l’extase. Roels interroge également l’idée du paradis comme lieu mythique ou perdu : un Éden évoqué dans des textes anciens tels que L’Épopée de Gilgamesh, et repris plus tard dans des visions idéalisées de destinations façonnées par le tourisme.
Pour Roels, le paradis n’est pas un lieu physique mais un moment de création. À partir de motifs récurrents évoquant un paysage exotique heureux mais indéfini, il intervient directement sur l’image . Il colore la surface, plie ou découpe le papier, et multiplie ainsi les perspectives. Ce faisant, il perturbe l’intégrité de l’image, brisant les derniers vestiges d’illusion de réalisme et créant une distance qui affirme son point : le paradis n’est pas trouvé, il est créé.
L’exposition « Artificial Paradise » est visible à la Gallery Fifty One à Anvers, en Belgique, jusqu’au 21 février 2026.