Le son d’un feu de forêt

Le 23 juillet 2018, à seulement 30 km d’Athènes, la photographe Katerina Angelopoulou a survécu à l’un des feux de forêt les plus meurtriers jamais enregistrés, avec sa fille de trois ans. Son livre « The Fumes of Mars » confronte le décalage entre l’expérience vécue et le récit « officiel » de la catastrophe.

En moins de deux heures, le brasier a atteint la mer, engloutissant des villages tandis que les pompiers et la protection civile ne réagissaient pas. Plus de 100 personnes sont mortes, alors que l’État refusait toute responsabilité. « Une seconde traumatisation est venue des médias et des autorités qui ont remodelé le récit, dissimulant les faits et blâmant les victimes », se souvient Katerina Angelopoulou.

23/07/2018 – 23:08:51 La dernière photographie que j’ai prise le jour du feu montre ma fille à l’hôpital. © Katerina Angelopoulou

23/07/2018 – 19:20:43 Nous sommes tous au téléphone… je suis au téléphone… pour trouver de l’aide, n’importe quelle aide… Nous sommes des centaines dans l’eau. © Katerina Angelopoulou

« Ils (les agences gouvernementales responsables) observaient sans intervenir. Pas très différent de Xerxès lorsqu’il regardait la bataille de Salamine depuis son trône d’or sur le mont Egaleo. » Extrait du rapport d’Athanasios Marneris, enquêteur d’État © Katerina Angelopoulou

23/07/2018 – 18:45:29 Je sors Clio de la voiture — elle n’a que trois ans — et je cours aussi vite que je peux (...) © Katerina Angelopoulou

Les images dévoilent les conséquences de l’incendie, remontent jusqu’au premier jour du feu, et mettent en lumière les objets brûlés personnels de la photographe. Chronologies, données météorologiques, témoignages de survivants, cartes aériennes, CCTV et rapports d’État convergent en un récit terrifiant de ce que l’on ressent au cœur d’une catastrophe naturelle. « Un grand feu de forêt a un son très particulier… un son qui peut vous hanter », écrit-elle.

Pièces récupérées dans la maison © Katerina Angelopoulou

« (…) La mer était très agitée. Trop de vent, trop de vagues, trop de fumée. […] Nous sommes restés là environ une heure, en luttant pour le maintenir hors de l’eau. Il n’en pouvait plus, il a vomi. Il a levé les mains, demandé pardon à Dieu, nous a remerciés, « merci pour tout ce que vous avez fait pour moi », a-t-il dit, puis a rendu son dernier souffle […] » Résident. © Katerina Angelopoulou

Ma fille, la première fois que nous sommes retournées à la maison incendiée. © Katerina Angelopoulo

Le livre « The Fumes of Mars » est publié par GOST et disponible au prix de 60$.

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