EN IMAGES

Perdu en Amazonie

Dans le livre Aya, Yann Gross et Arguiñe Escandón entraînent le spectateur dans un voyage immersif en Amazonie péruvienne, mêlant présent et passé à travers les archives d’un photographe disparu.

 

Par Gaia Squarci. Photographies de Yann Gross, Arguiñe Escandón et Charles Kroehle.

Charles Kroehle était un photographe allemand actif à la fin du 19e siècle, considéré comme un pionnier pour ses expéditions dans des régions reculées de la forêt tropicale, organisées pour photographier les communautés indigènes. Ses portraits, parfois frappants par leur intensité, se caractérisent également par un regard taxonomique et une vision romantisée. Kroehle disparut ensuite dans des circonstances obscures en Amazonie, laissant derrière lui une trace de mystère et des spéculations.

Également étrangers à ce territoire, Gross et Escandón l’abordent avec une consciencd différente. Plutôt que d’imposer un regard « extérieur », leur travail privilégie la participation et l’échange. Leurs photographies explorent la tension entre présence humaine et nature : le quotidien dans un écosystème que les populations locales s’efforcent de protéger, les expériences chamaniques, et des phénomènes qui échappent au contrôle humain.

En quichua, « Aya » désigne un fantôme, une âme ou un esprit. Le sociologue Joel Vacheron décrit le livre comme « une initiation expérimentale à travers les plantes, les signes et les esprits qui imprègnent la jungle amazonienne ». S’inspirant des travaux de l’anthropologue Eduardo Kohn et de son idée que « nous ne sommes pas le seul “nous” », le projet peut être lu comme une réflexion qui reconsidère l’humain à travers les relations avec des forces et des formes de vie qui le dépassent.

La première réimpression du livre Aya est publiée par Editorial RM et disponible au prix de 100 €.

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