Silence dans le grenier
Le livre Sucedió entre dos párpados, du photographe espagnol Juan Manuel Castro Prieto, suit l’imagination d’un enfant, entre réalité et subconscient.
Par Gaia Squarci. Photographies de Juan Manuel Castro Prieto
Lorsque Castro Prieto était enfant, le moment de la sieste, quand les adultes dormaient après le déjeuner, devenait pour lui l’occasion d’explorer le grenier de la maison familiale. Là-haut, le silence composait un monde d’objets porteurs de traces humaines.
Le titre, qui se traduit par « Cela s’est produit entre des paupières », évoque ces instants où la vision s’aiguise grâce à l’intuition, plutôt qu’en s’appuyant uniquement sur la vue pour interpréter la réalité.
Dans les photographies, sculptures, objets et figures humaines portent le même poids. Des symboles issus de l’iconographie chrétienne et des traditions païennes, liés à la vie et à la mort, apparaissent tout au long de la série. Le photographe regarde à la fois comme l’enfant qu’il fut, cherchant à déchiffrer ces signes, et comme l’adulte revenu à ses origines, mesurant la distance qui le sépare de ce passé.
Il cite ainsi l’écrivain Juan José Millás : « Celui qui a eu froid enfant aura froid toute sa vie, car le froid ressenti dans l’enfance ne disparaît jamais. »