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Un laboratoire vivant

Présenté par l’Espace Jörg Brockmann à Paris Photo, Le Jardin d’Hannibal de l’artiste Marine Lanier est une exploration onirique du plus haut jardin d’Europe.

 

Texte de Gaia Squarci. Photographies de Marine Lanier

Aux côtés de chercheurs et de botanistes, Marine Lanier a documenté le Jardin alpin du Lautaret, face aux glaciers de la Meije, à 2 100 mètres d’altitude. Ce jardin constitue un lieu unique pour l’étude de plantes issues des plus hauts sommets du monde : les Alpes, les Rocheuses, le Caucase, l’Himalaya, les Andes.

Allant de portraits en noir et blanc des jardiniers à des études colorées et ambiguës de la flore, des textures et des paysages, volontairement dépourvues de points de repère, les images de Lanier entremêlent science et mythe.

Depuis le XIXᵉ siècle, le jardin accueille des générations d’étudiants et de scientifiques dédiés à la préservation et à la compréhension du vivant dans des milieux extrêmes. Aujourd’hui, il abrite une expérience baptisée « pâturage alpin volant » : huit tonnes de sol alpin ont été déplacées par hélicoptère afin d’étudier comment une différence de trois degrés influence la survie des plantes — une véritable enquête sur le paysage montagnard de demain.

À la tombée de la nuit, la légende du passage d’Hannibal à travers les Alpes revenait souvent dans les conversations de Marine Lanier avec les chercheurs. Cette histoire résonnait en elle, qui voyait dans ce « jardin-laboratoire » un bastion de résistance, et l’écho discret de la révolte d’Hannibal contre Rome.

Le Jardin d’Hannibal est présenté au stand de l’Espace Jörg Brockmann à Paris Photo, jusqu’au 16 novembre.

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