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La photographe française Bénédicte Kurzen explore en images la pratique mystique et ancestrale de la lutte congolaise à Brazzaville.

Makasi Tskiwa, 46 ans, bien connu sous le nom de Big Papa T, a commencé la lutte il y a 10 ans. Il vit en Angleterre et se rend à Kinshasa pour la première fois après plusieurs années, au stade des Martyrs, Kinshasa, RDC, le 1er août 2006. © Bénédicte Kurzen / NOOR Images


La photographe Bénédicte Kurzen, basée à Lisbonne et représentée par l'agence NOOR, a débuté sa carrière lorsqu'elle a déménagé en Israël en 2003, couvrant l'actualité en tant que pigiste dans la bande de Gaza, en Irak et au Liban.
 

Les lutteurs s'entraînent sous la houlette du Champion Texas, Premier Champion de lutte non fétiche à Kinshasa, dans une école, proche du camp de Badiading, Kinshasa, RDC, le 8 août 2008. © Bénédicte Kurzen / NOOR Images


En 2004, elle a quelque peu délaissé l'actualité brute pour davantage s’orienter vers un style documentaire et des travaux sur la vie des kamikazes et des veuves dans la bande de Gaza. Bénédicte Kurzen a contribué par ce travail au projet de groupe « Violence contre les femmes », en collaboration avec Amnesty International et Médecins Sans Frontières (MSF).
 

Kadima Kayombo, dit Mabokotomo, 22 ans, démontre une de ses techniques de lutte au Martyrs Stadium, Kinshasa, RDC, le 1er novembre 2006. © Bénédicte Kurzen / NOOR Images


Elle a également écrit un essai sur le « mythe du photographe de guerre », qui l'a inspirée à devenir elle-même une « storyteller » visuelle. Depuis dix ans, Bénédicte Kurzen couvre également les conflits et les mutations socio-économiques en Afrique.
 

Locango Ndoki (le sorcier) vénère sa statue de sorcellerie avant un match d'un tournoi de lutte de cinq jours opposant des lutteurs de RDC et de la République du Congo au stade Mbonge, Brazzaville, République du Congo, le 4 novembre 2006. © Bénédicte Kurzen / NOOR Images


En Afrique du Sud, où elle a résidé durant plusieurs années, elle a exploré certains des défis sociaux les plus profonds de la société post-apartheid en produisant des reportages intitulés « Next of Kin », « The Boers Last Stand » et « Amaqabane », sur la vie d'anciens anti- combattants de l'apartheid.
 

Siboli de Kinshasa (à gauche) semble paralysé par une poudre utilisée par Amigo de Brazzaville (à droite) lors d'un match d'un tournoi de lutte de cinq jours opposant des lutteurs de RDC et de la République du Congo au stade Mbonge, Brazzaville, République du Congo, samedi 4 novembre 2006. © Bénédicte Kurzen / NOOR Images
L'assistant magique de Red Tiger regarde la défaite de son maître après un match d'un tournoi de lutte de cinq jours au stade Mbonge, Brazzaville, République du Congo, le samedi 4 novembre 2006. © Bénédicte Kurzen / NOOR Images


En 2010, Bénédicte Kurzen décide de réaliser un reportage sur les catcheurs vaudou au Congo et commence à photographier leurs combats principalement de nuit. C'est le moment où le rythme hypnotique des tambours et les trompettes mélodiques bruyantes annoncent alors le début du match de lutte.

Ce soir-là, à Brazzaville, les athlètes se préparent à Brazzaville à affronter comme adversaires leurs homologues de Kinshasa. Le public semble fasciné par le « vaudou » qui a été emprunté aux pratiques ancestrales utilisées dans les rituels animistes - ce qui représente une grande partie de l'intrigue de ce sport.
 

Edingwe tombe sous les tours de magie de son adversaire, Locango Ndoki (le sorcier), lors d'un match d'un tournoi de lutte de cinq jours au stade Mbonge, Brazzaville, République du Congo, samedi 4 novembre 2006. © Bénédicte Kurzen / NOOR Images


En République du Congo et en République démocratique du Congo, la lutte est aussi populaire qu'aux États-Unis. La principale différence: les Congolais aiment introduire un élément mystique et magique dans la pantomime: le « vaudou ». Ainsi, ces géants vêtus de combinaisons en lycra sautent parfois depuis 3 mètres de hauteur, et font perdurer des « traditions magiques »: lancé des poudres, sorts et transformations, certains lutteurs ressemblant parfois à des zombies.

La majorité de ces sportifs sont d'anciens soldats ou enfants des rues, qui voient dans la lutte une opportunité de mieux gagner leur vie ou d'échapper à la misère dans laquelle ils ont grandi. Ce sont les visages, les corps et la passion de ces hommes si particuliers que Bénédicte Kurzen a photographié dans cet essai photographique magnifique et exclusif.
 

Endingwe de Kinshasa, star de la lutte congolaise, est tombé sous la force de son adversaire. Il est mis dans un cercueil lors du match final d'un tournoi de lutte de cinq jours opposant des lutteurs de RDC et de la République du Congo au stade Mbonge, Brazzaville, République du Congo, lundi 6 novembre 2006. © Bénédicte Kurzen / NOOR Images

 

 


 
Bénédicte Kurzen est représentée par NOOR Images
www.noorimages.com/benedicte-kurzen


 

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