Je m’appelle Jo-Ann Schies. J’ai fêté mes 26 ans au cœur des fjords norvégiens, entre ciel d’acier et mer mouvante. Biologiste marine et plongeuse professionnelle, je travaille pour Andromède Océanologie, un bureau d’études français spécialisé dans la protection et la restauration des écosystèmes méditerranéens. Habituée à vivre en communauté sur des bateaux scientifiques, à plonger dans des eaux tempérées et à épauler mes collègues marins lors de manœuvres délicates, je n’ai pourtant jamais tenu, pas une seule fois, la barre d’un voilier.
Cette aventure, menée sous la houlette d’Andreas B. Heide, constitue un baptême. Elle va m’offrir mes premières sensations à la voile, mes premières frayeurs face à la force implacable du vent, mais aussi une joie inédite : celle de sentir un bateau vivre sous mes mains, de guider son sillage à travers des paysages sauvages emplis de légendes et d’histoires.
Si l’Orca Odyssey a pour mission principale d’observer la faune sauvage des eaux norvégiennes et d’approcher les orques au large de la péninsule de Skjervøy, elle va se révéler bien plus qu’une simple expédition scientifique. Ce voyage va me proposer une plongée au cœur de mes propres limites, une redécouverte de mes capacités, et une perspective nouvelle sur moi-même.
Préparatifs
J’arrive chez Andreas le 11 octobre, le même jour qu’Amélie Conty, notre photographe et chroniqueuse de bord. Amélie est une femme déterminée, une de celles qui ont dû se surpasser pour faire leurs preuves, pour gagner leur place, pour imposer leur voix et leur expertise dans des environnements souvent exigeants portés par des hommes. Navigatrice depuis son enfance, elle a trouvé sa terre d’adoption en Bretagne, où le vent et les marées forgent des caractères solides.
Quelques jours plus tard, notre équipage s’agrandit avec l’arrivée de Mikko Koskinen, un personnage haut en couleur venu tout droit de Finlande. Mikko est un mélange improbable et fascinant de bienveillance désarmante, d’humour décapant, et de calme olympien.
Co-créateur et directeur d’une grande marque de whisky finlandaise, il pourrait se contenter de cet accomplissement. Mais Mikko fait partie de ces individus qu’on dirait faits pour vivre mille vies. Apnéiste sous glace, stand-upper à ses heures perdues, rédacteur d’un journal économique et marin aguerri, il semble avoir l’art de jongler entre des passions qui, à première vue, n’ont rien en commun. Pourtant, tout prend sens lorsqu’on le voit évoluer à bord du Barba, le regard vif et la blague toujours prête.
Si les trois drôles de personnages que nous sommes nous retrouvons dans le même carré, c’est grâce à notre capitaine : Andreas B. Heide. Andreas n’est peut-être pas l’archétype du Viking norvégien, mais il incarne tout ce que l’on peut espérer d’un excellent capitaine et d’un compagnon de voyage inoubliable. Ce périple me permet de découvrir cet homme à la fois méthodique et inspirant, dont la passion pour la mer n’a d’égale que son envie de la partager.
Biologiste marin, navigateur accompli et plongeur intrépide, Andreas incarne l’assurance mêlée à l’aventure. Mais au-delà de ses compétences techniques, c’est sa pédagogie et sa passion qui le rendent véritablement unique. Dès les premiers instants, je suis frappée par son calme réfléchi, même dans les situations d’urgence, et par sa capacité à prendre des décisions posées, méticuleusement pesées, sans jamais céder à la panique ou la fatigue.
Le Barba est à son image : chaque recoin est optimisé, chaque outil a sa place, chaque détail pensé avec une intelligence pratique. Tout y respire l’ordre et la préparation, sans jamais perdre cette touche d’humanité qui reflète son capitaine.
Premières navigations
Le 15 octobre, je vois les voiles se déployer pour la première fois. Et, je l’avoue sans mal, c’est un moment chargé d’émotions. Les premières heures de navigation sont à l’image des premiers jours : une immersion totale, une soif d’apprendre et une volonté d’enregistrer chaque information qui m’est transmise.
La première prise au vent me confronte immédiatement à ce qui devient à la fois une fascination et une inquiétude. Ce souffle qui nous pousse et nous défie à chaque instant, un élément capricieux avec lequel il nous faut désormais négocier pour avancer. À partir de ce moment-là, il ne s’agit plus seulement de naviguer, mais de dompter une force invisible, changeante, qui dicte la cadence de notre périple. Nous sommes désormais à la merci de ce vent, avec pour seul horizon les quelque 1 000 miles qui nous séparent de Tromsø.
À bord, nous apprenons à nous connaître, peu à peu. Si les débuts sont parfois un peu chaotiques à cause de nos accents et de nos élocutions propres, nous communiquons autrement, au-delà des mots. Nous sommes d’abord des colocataires bienveillants, et bientôt, nous devenons une petite famille. La frontière entre l’équipage et la camaraderie s’efface peu à peu, laissant place à des liens invisibles mais forts.
Le matin de mon anniversaire, un lever de soleil splendide illumine les fjords, baignés de couleurs jaunes et orangées, se mêlant à un ciel d’un rose éclatant. Les teintes changent sans cesse, comme une toile vivante. Amélie et Andreas capturent ce moment magique, tandis que moi, je ressens une profonde exaltation. C’est une révélation : je suis là où je dois être. En soufflant ma bougie sur ce gâteau surprise préparé avec soin par Andreas, je me dis que cette année est moins celle d’une jeune femme que celle d’une Viking, forgée par la mer et l’aventure.
Le 17 octobre, après une matinée à naviguer sous un vent clément, nous amarrons le Barba à Alden, une petite île montagneuse, pour une randonnée. Bien que le ciel s’assombrit, la chance nous sourit : en atteignant le sommet, le temps se dégage, nous offrant une vue à 360 degrés sur les fjords. Le paysage, dominé par des îlots de terre laissés par la glace, ressemble à un véritable Pays Imaginaire. Une première escapade terrestre parmi ces paysages majestueux, qui ne laisse aucun indice sur l’incident qui survient quelques heures plus tard.
Nous nous relayons à la barre jusqu’à ce que le vent se fasse bien plus puissant. Des rafales à plus de 40 nœuds s’engouffrent dans les voiles et, pour la première fois, je ressens l’attraction terrestre différemment. Les jambes tendues, en appui sur la cale, le Barba se penche, comme s’il veut toucher la mer avec son mât.
Je reçois l’ordre de vérifier le moteur et son système de refroidissement, afin d’être prête à activer une sortie de secours si la navigation à la voile devient trop dangereuse. Peu après, une étrange odeur se fait sentir. Nous cherchons d’où elle vient, sans succès. Mikko prend la barre, et Andreas va ouvrir la cale du moteur, libérant une épaisse fumée grise. À partir de là, tout devient à la fois rapide et lent. Durant plusieurs minutes, l’équipage se transforme et nous gérons, au mieux de nos connaissances et de nos habiletés propres, ce début d’incendie.
Finalement, les secours arrivent, et le Barba est remorqué à Florø, notre port d’attache pour les trois prochains jours, tandis qu’Amélie et Mikko partent se faire examiner à l’hôpital. Puis nous nettoyons et réparons le Barba avec une détermination sans faille.
Ensemble, nous retraçons chaque seconde de cet événement, cherchant à comprendre ce qui se passe et à identifier ce que nous pouvons faire différemment. Cet exercice n’est pas une critique, mais un apprentissage : analyser, ajuster, être mieux préparés à réagir rapidement face à l’imprévu. C’est une autre leçon de cette aventure : la mer ne pardonne pas la négligence, et elle exige une vigilance constante.
Durant les réparations, un nouveau camarade nous rejoint : Eliott Tunsdall. Ce jeune navigateur anglais est un ajout précieux à notre équipage, un renfort que nous attendons avec impatience. Il apporte des compétences qui comblent certaines de nos lacunes, notamment dans le vocabulaire technique, et allège la navigation pour la suite de notre parcours.
Premières rencontres
Nous reprenons notre route à cinq, déterminés, revigorés et plus motivés que jamais à relever un nouveau défi : passer Stadt, cette avancée rocheuse légendaire qui, selon Andreas, terrifie même les Vikings les plus hardis. Andreas, avec son talent pour rendre l’histoire vivante, qualifie ce passage de « Cap Horn Norvégien ». Il nous raconte qu’autrefois, les Vikings conçoivent un ingénieux système pour faire glisser leurs bateaux sur la terre ferme, préférant ce détour périlleux à l’affrontement avec les eaux tumultueuses de Stadt.
Le promontoire de Stadt est particulièrement redouté pour son exposition directe à l’océan Atlantique, sans aucune barrière naturelle pour calmer les vents ni amortir les vagues. Ce lieu est réputé pour ses conditions maritimes extrêmes : des vents changeants, des vagues pouvant atteindre des hauteurs impressionnantes, et une mer souvent imprévisible. Cette réputation perdure, et de nombreux marins contemporains considèrent Stadt comme l’un des passages les plus redoutables de la côte norvégienne. L’histoire maritime de cette région est jalonnée de récits de naufrages et de légendes qui en forgent la réputation mythique. Même les marins modernes, équipés des technologies les plus avancées, considèrent ce passage comme une épreuve.
Au petit matin, nous franchissons Stadt, et cette nouvelle étape nous permet définitivement de nous réparer après notre histoire du feu. Une journée passée sous le soleil, à évoluer dans des paysages en constante transformation, se fait peu à peu plus froide à mesure que nous progressons vers le nord.
La liberté que nous vivons à bord de Barba est unique. Elle nous offre la possibilité de nous arrêter dans des lieux que jamais nous ne visiterions sans lui.
Lorsqu’on cherche à apercevoir des créatures marines, la tentation de scruter chaque vague peut parfois jouer des tours à nos yeux. À la barre, jumelles en mains, j’aperçois une masse noire qui disparaît rapidement entre deux vagues. Quelques minutes plus tard, mon cœur s’emballe face à cette nouvelle surprise : je suis à la barre du Barba, en pleine navigation entre les fjords, et nous sommes entourés par une centaine de globicéphales.
Ce moment fait partie de ces instants magiques, ceux où l’on retrouve son âme d’enfant, avec des étoiles dans les yeux, un sourire éclatant et un cœur qui bat fort dans la poitrine. Amélie est partout, ses deux appareils se relayant sans cesse pour capturer chaque instant. Mikko, Andreas, Eliott et moi nous lançons des appels enthousiastes à tour de rôle : « Portside, 100 meters », « Starboard, 30 meters », « Four o’clock, 10 meters ! »
Les globicéphales nous entourent, nageant autour de nous dans le bruit de leurs respirations et de nos soupirs d’admiration, créant une symphonie de joie et d’émerveillement qui dure plus d’une heure. Nous vivons sur l’eau pour ces instants de magie et de découverte, et ils nous rappellent à chaque fois notre engagement et la chance que nous avons de mettre en avant la beauté de ces animaux à travers notre odyssée.
Ma première immersion dans ces eaux glacées, je l’ai imaginée de nombreuses fois. Chaque matin, mon regard se pose sur ma combinaison, suspendue face à mon lit, et sur mon masque soigneusement placé sur mon étagère, entre mes deux pulls. J’en rêve : le moment où mes yeux s’ouvrent sous l’eau et où je découvre ce pays par ma voie préférée.
Ce jour-là, Mikko et moi enfilons nos combinaisons avec une excitation palpable. Lui est armé de son fusil harpon, prêt à pêcher, et moi l’attends impatiemment, caméra en main.
Lorsque je plonge, le froid, vif et pénétrant, mord mes joues mais l’euphorie de ce moment tant attendu me tient chaud. Mes premières apnées sont courtes ; le choc du froid me coupe le souffle. Puis, peu à peu, mon corps s’adapte. Mes descentes deviennent plus longues, plus profondes. Chaque instant sous l’eau est une découverte.
Je m’onde au-dessus d’un champ infini d’ophiures noires, ces étoiles de mer serpentines en mouvement constant. Je m’approche pour admirer d’énormes étoiles de mer glaciales et des oursins, et je retiens mon souffle alors qu’un lieu jaune fend l’eau à mes côtés. Ici, les forêts de kelp s’élèvent comme des cathédrales végétales, abritant une faune minuscule et vibrante. Chaque recoin regorge de vie. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer de ces eaux froides, réputées austères, elles débordent d’un écosystème riche et foisonnant.
L’après-midi, Andreas décide de plonger le long des fjords, à la fois pour remplir nos estomacs et, sans doute, pour s’accorder un moment seul dans son élément. Je ressens un plaisir immense à hisser le pavillon alpha sur le Barba, à suivre les bulles et à veiller sur notre capitaine. Cette plongée nous offre un véritable festin. Lorsque Andreas revient à bord avec des coquilles Saint-Jacques fraîchement récoltées, mon végétarisme prend temporairement des vacances. Manger des noix de Saint-Jacques éclairées à la frontale seule à la barre, sous un ciel étoilé, durant mon quart de nuit, reste un souvenir impérissable.
Le lendemain, nous faisons escale à Brønnøysund, le cœur géographique de la côte norvégienne. Là-bas, j’ai l’immense privilège de rencontrer Sebastian Strand, un nom qui résonne depuis mon arrivée en Norvège, toujours associé à celui de Hvaldimir. Hvaldimir, c’est ce béluga, devenu célèbre dans les médias après avoir été aperçu en 2019 portant un harnais et une caméra, soupçonné d’avoir été dressé par la Russie à des fins militaires. Libéré de son harnais, Hvaldimir est le premier cétacé connu à survivre en milieu naturel après une longue période de captivité. Cependant, il ne rejoint jamais ses congénères, cherchant à la place la compagnie des humains qu’il croise.
Sebastian, biologiste marin, joue un rôle clé dans sa nouvelle vie. Depuis 4 ans, il veille sur Hvaldimir, créant un lien unique et le soutenant dans sa quête de liberté jusqu’à sa mort quelques mois avant ma venue, le 31 août 2024. Andreas me montre des vidéos bouleversantes de leurs plongées ensemble, témoignant d’une connexion rare et puissante entre l’homme et l’animal. Ces images, gravées dans ma mémoire, sont d’une simplicité désarmante, d’une pure beauté.
Quelques jours de navigation plus tard, nous atteignons Bodø. Ce sera notre dernière escale avec Mikko, qui nous quitte pour retourner à ses propres aventures. Ce soir-là, nous trinquons à tout ce que nous vivons ensemble. Malgré l’imminence du départ, nous sommes reconnaissants pour ces moments partagés.
Cap au nord, à la recherche des orques
Après le départ de Mikko, nous mettons les bouchées doubles ! Après plusieurs jours, les paysages changent, la température chute et lors d’un de mes quarts, les premiers flocons apparaissent. La sensation d’arriver au nord, de toucher du doigt ce point sur la carte qui me paraît si haut, si loin, est indescriptible. Une dernière journée nous sépare de Tromsø et quand les lumières de la ville brillent enfin au loin, nous sommes tous prêts à accoster. Quelle joie de nous serrer dans les bras et de nous taper dans les mains sur le quai de la capitale du nord ! Nous avons réussi. Pour la toute première fois, je ressens un immense sentiment de fierté. La fierté d’être arrivée, de me dépasser, de croire en moi. Nous avons une conversation plus tard avec Andreas sur le sujet et ce qu’il me dit me reste en mémoire : « Tu peux être fière de deux choses, de l’avoir fait, mais surtout d’avoir accepté de le faire et d’avoir embarqué. »
Le premier matin à Tromsø, je suis la première à mettre le nez dehors et à réaliser avec émerveillement que le Barba est recouvert d’une épaisse couche de neige. J’ai ce sentiment d’un Noël magique, un Noël chez les Vikings ! Nous avons encore 5 jours avant mon départ et une potentielle fenêtre pour monter jusqu’à Skjervøy à la rencontre des orques.
Le lendemain, nous levons l’ancre pour partir sur Skjervøy ! Une dizaine d’heures nous sépare de cette destination finale et je trépigne d’impatience à l’idée d’enfin voir de grands ailerons noirs fendre l’eau. Le soir, c’est Conor McDonnell qui nous rejoint ! Conor est photographe professionnel, c’est un ami d’Andreas et il profite de notre venue pour rencontrer les orques.
Mon dernier ancrage se fait ici et il est musclé ! Nous nous reprenons à plusieurs fois, Andreas à la barre, moi à l’ancre avec mon bonnet gelé et la neige nous fouettant incessamment le visage ! Mais cette nuit se fait paisible avec le rêve que demain, je mettrai ma combinaison pour me glisser à l’eau avec, je l’espère, des orques. Tôt le matin, nous sommes prêts et excités ! Le soleil est là malgré le froid et le temps est idéal.
Pour la première fois depuis le début, nous sommes tous dehors à scruter la mer à la recherche d’un souffle, d’une dorsale, d’une caudale ou d’oiseaux… Nous scrutons les harengs sur le sondeur afin de nous donner une idée des lieux où les cétacés pourraient être en chasse. J’aperçois un dos et une petite dorsale que je pense être celle d’une baleine à bosse que je ne reverrai plus par la suite. Le paysage est incroyable, nous sommes cernés par des montagnes enneigées dans un morceau d’océan de la taille d’un lac, le vent est calme, le ciel est clair, cette journée a tout pour être parfaite. Au bout de quelques heures et de plusieurs tours, Andreas les aperçoit grâce aux jumelles thermiques. Notre premier groupe d’orques. Lorsque mes yeux se posent sur cette immense pale noire, droite, lente, l’émotion me gagne et les larmes me montent. Nous essayons de comprendre leur comportement. Sont-elles en chasse ? Est-ce qu’elles transitent seulement d’un point A à un point B ? Andreas me fait signe, je pars mettre ma combinaison tandis que l’excitation me brûle le cœur.
Dans une petite annexe gonflable tractée à l’arrière du bateau, j’attends d’apercevoir les dorsales de nos pandas des mers. Cinq orques arrivent derrière nous, cette image est incroyable. Lorsque je me mets à l’eau, tout va très vite. Pas le temps d’être impressionnée ou effrayée à l’idée de me jeter devant le prédateur ultime. Je palme vers elles, elles plongent, j’en croise une qui descend sous moi légèrement de biais, huit mètres nous séparent et cinq secondes nous réunissent. C’est magnifique et frustrant d’observer des animaux dans leur milieu naturel. N’avoir aucun contrôle dans un monde où nous en avons tellement au quotidien, ne pas pouvoir choisir d’avoir ne serait-ce que 10 secondes de plus en sa compagnie. Et en même temps, la satisfaction de laisser ce choix, de vivre ces petites secondes de contemplation entre deux animaux libres.
Après cette rencontre, nous verrons encore de nombreuses orques, des baleines à bosse et même une baleine franche.
Mon dernier jour sur le Barba, ma dernière plongée avec les orques.
Avec Andreas, nous nous mettons à l’eau sous la neige. Rien que cette idée me fait sourire. Je nage entre les montagnes norvégiennes, avec les orques, sous la neige. Si nous ne partageons pas de longs moments d’interactions, je vois une orque d’encore plus près. Elle passe sous nous, se tourne sur le côté et nous regarde. Ce contact visuel est clair, impressionnant. La manière dont elle nous étudie, bien que furtive, est intense. Cette rencontre finit de figer mon sourire et de faire couler mes larmes. Je garde cette pensée en tête : mon voyage est complet.
Aujourd’hui, je suis rentrée chez moi, je reprends déjà plusieurs fois la mer depuis. L’aventure que je vis à bord du Barba m’aide chaque jour. J’appréhende parfois les choses différemment, je réagis plus vite et plus calmement aux situations imprévisibles, je m’écoute et me fais confiance plus souvent, j’ai moins peur de me lancer dans de nouvelles expériences, de ne pas réussir du premier coup. Je continue de m’émerveiller chaque jour, de questionner le monde qui m’entoure et je veux continuer d’agir pour le préserver.
L’Orca Odyssey fait partie de moi et je suis fière de dire que je fais partie d’elle aussi.
Plus d’informations sur le Barba ici. Plus d’informations sur Andromède Océanologie ici.