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Photographier la nuit est une pratique complexe. Elle nécessite souvent de sortir du mode automatique et des connaissances techniques plus poussées pour obtenir la photo souhaitée. Comment figer le mouvement en l'absence de lumière, comment ajuster ses réglages ? Que faire pour capturer les traces lumineuses de la ville ? Nous allons voir ensemble comment optimiser ses images pour photographier la ville la nuit. 


© Artem Bryzgalov on Unsplash

Favoriser les objectifs à grande ouverture 

En condition lumineuse difficile, comme la nuit, les grandes ouvertures sont les bienvenues pour faire entrer un maximum de lumière dans votre objectif. Favorisez donc les objectifs à grande ouverture (f/1.4-f/1.8-f/2.8) et les zooms à ouverture constante sur toute la plage focale. Afin d’optimiser au maximum vos images, sortez du mode automatique et commencez par sélectionner l’ouverture la plus grande afin de mettre toutes les chances de votre côté, surtout si vous voulez photographier votre environnement urbain tout en sélectionnant une vitesse relativement rapide pour figer le mouvement. Pensez toutefois qu’à de telles ouvertures, la profondeur de champ est assez faible. Les grandes ouvertures c’est bien, mais ce n’est pas la solution à toutes les prises de vue, comme nous allons le voir plus loin.

Jouer avec les vitesses d'obturation 

Pour appréhender la ville la nuit, décidez d’abord de ce que vous souhaitez photographier. Si vous optez pour l’ambiance nocturne et des scènes de vie, il va falloir régler votre appareil à une vitesse d’exposition relativement rapide (au minimum de 1/60 s pour que vos sujets soient nets), d’où l’intérêt d’avoir une ouverture relativement lumineuse. S’il s’agit plutôt d’enregistrer un paysage nocturne, tel que des bâtiments, une place ou de faire apparaître les traces lumineuses de la ville volontairement, vous pouvez opter pour une pose lente (à condition d’utiliser un trépied). Vous pourrez ainsi utiliser une ouverture plus fermée pour étendre la profondeur de champ et optimiser la netteté globale de l’image. Définir à l’avance son sujet permet de définir la vitesse à adapter.  

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© Osman Rana on Unsplash

Maîtriser la sensibilité ISO

La sensibilité ISO d’un capteur varie en fonction de l’appareil et peut parfois s’étendre de 50 jusqu’à 1 640 000 ISO selon le boîtier. Plus la sensibilité du capteur est faible, moins il est sensible à la lumière qui entre dans l’objectif. C’est un réglage indispensable dès que vous sortez des modes automatiques puisqu’il fonctionne en trio avec la vitesse et l’ouverture. Lorsque vous avez poussé au maximum l’ouverture (f/1.8; f/2.8; f/4 selon l’objectif) et la vitesse d'obturation de sorte à obtenir une image nette (1/60 s), mais que cela n’est pas suffisant pour une image correctement exposée, pensez donc à faire varier la sensibilité ISO en l’augmentant (en passant de 200 à 1600 ISO par exemple votre capteur sera 3x plus sensible). Si la plupart des appareils photo numériques peuvent désormais grimper aisément en sensibilité, pensez toutefois que plus vous augmentez la sensibilité, plus le bruit numérique sera présent et dégradera l’image. Maîtriser la sensibilité ISO, c’est ainsi trouver le juste milieu avec les autres réglages afin d’obtenir le rendu souhaité. 

Utiliser un trépied

Pour beaucoup de pratique, comme en macrophotographie par exemple, le trépied est un excellent allié. Avec des réglages plus difficiles à appréhender en l’absence de lumière, il permettra de stabiliser au mieux votre boîtier. C’est très utile pour photographier le paysage urbain sans crainte avec un temps de pose long par exemple. Pensez à mettre un retardateur afin que le déclenchement ne vienne pas perturber la stabilité de l’image.


© Rostyslav Savchyn on Unsplash

Miser sur l’heure bleue

L’heure bleue est la période entre le jour et la nuit où le ciel se remplit presque entièrement d'un bleu plus foncé que le bleu ciel du jour. Elle offre de nombreuses possibilités puisqu’il ne fait pas encore assez nuit pour avoir à pousser trop exagérément les réglages et c’est à la fois suffisant pour comprendre que c’est le soir. De plus, les lumières de la ville (souvent jaunes) contrastent très bien avec ce bleu entre deux temps. Attention, l’heure bleue est un moment précis de la journée et dure peu de temps. Pensez donc à anticiper et à préparer votre matériel un peu en amont.

En conclusion

Pour photographier la nuit et obtenir l’image souhaitée, il faut se risquer à sortir du mode automatique et faire varier les réglages du célèbre trio ouverture, vitesse et sensibilité qui interagissent. À vous de les adapter selon si vous souhaitez figer le mouvement ou le laisser filer, tout en faisant en sorte d’obtenir une image correctement exposée. Avec un trépied et, en profitant de l’heure bleue, vous pourrez commencer en douceur pour vous familiariser avec la photographie de nuit. 


© Donny Jiang on Unsplash

Par Céline Nebor 

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