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Lorsqu’on pense photographie on imagine souvent des sujets en mouvement ou des paysages saisissants qui captent notre attention. Pourtant, la nature morte est un sujet très représenté au sein de la photographie et offre de nombreuses variantes. Comme en peinture, il s’agit avant tout de maîtriser la mise en scène et la lumière, mais en photo il s’agit aussi d’assurer une bonne netteté et la fidélité des couleurs à son image. 


© Joanna Kosinska on Unsplash 

La mise en scène, une étape cruciale

Une nature morte, qui est un sujet constitué d’objets inanimés, peut s’offrir à vous au quotidien. La photographie culinaire par exemple est un type de nature morte. Bien que les éléments à photographier soient inanimés, il est essentiel de les mettre en scène afin de rendre la composition et l’image plus attrayante. Il s’agit alors de jouer avec les formes, les couleurs, les superpositions, les effets de texture des éléments selon l’intention que vous souhaitez y mettre et selon le rendu désiré. Le support et le décor sont aussi très importants et à ne pas négliger. La mise en scène est en tout cas une étape cruciale pour une bonne photographie de nature morte. N’hésitez pas à en essayer plusieurs avec les mêmes éléments et à sélectionner la mise en scène qui vous convient le mieux a posteriori.

Gérer son éclairage

La gestion de l’éclairage est aussi essentielle pour mettre en avant sa composition, comme pour faire ressortir certains éléments plus que d’autres ou pour un rendu parfaitement homogène par exemple. La photographie de nature morte autorise de multiples possibilités d’éclairage que ce soit en lumière continue ou au flash, avec un nombre de torches plus ou moins conséquent pour des mises en lumière plus complexes, selon votre équipement. Une nature morte peut tout à fait être photographiée sans source additionnelle en lumière naturelle pour un rendu plus spontané, même si cela offre moins de maîtrises.


© Chris Lawton on Unsplash

Le trépied accessoire indispensable

Selon la pratique photographique, nous recommandons souvent l’utilisation d’un trépied. Pour la photographie de nature morte c’est un accessoire indispensable. Il est possible de s’en passer dans de très bonnes conditions lumineuses, mais si vous composez un éclairage, il sera difficile de faire sans pour assurer une netteté parfaite et limiter le flou de bougé. Le trépied est ainsi essentiel pour s’adapter à vos réglages d’exposition qui vont demander des temps d’exposition plus longs que d’ordinaire et une ouverture plus petite (comme nous allons le voir dans le paragraphe suivant). Equipez-vous donc d’un trépied adapté en fonction de vos cadrages préférés. Vous pouvez également y ajouter une rotule pour encore plus de précision, parfois au millimètre.

Prioriser la netteté

Lorsque l’on photographie une nature morte, la netteté est primordiale. Dans la plupart des cas, ce que l’on souhaite c’est que tous les éléments soient parfaitement nets, quel que soit leur positionnement. Pour optimiser la netteté d’une image et augmenter la profondeur de champ il faut choisir des ouvertures fermées telles que f/8; f/11; f/16 voire plus. Attention toutefois, puisque selon les objectifs les très faibles ouvertures peuvent faire perdre légèrement en netteté à cause de la diffraction. N’hésitez donc pas à enregistrer plusieurs images à différentes ouvertures afin de choisir la meilleure image, surtout si vous êtes très exigeants à ce niveau-là. 

Le temps d’exposition va directement être impacté par l’ouverture choisie précédemment, mais également par le rendu souhaité et par votre éclairage. Comme vous utilisez un trépied, n’hésitez pas à augmenter les temps de pose pour exposer correctement votre image directement à la prise de vue. Enfin, si vous pouvez aisément jouer avec l’ouverture et la vitesse, baissez alors la sensibilité au minimum pour limiter le bruit numérique généré par l’appareil.

Si vous souhaitez pousser la netteté encore plus loin, vous pouvez effectuer du bracketing de mise au point. Cette méthode consiste à enregistrer plusieurs images successives et à décaler progressivement la mise au point, puis à combiner ces images en post-production. C’est assez long et fastidieux à réaliser manuellement, mais certains boîtiers professionnels proposent des modes automatisés. 


 © Roberta Sorge on Unsplash

Le respect de la colorimétrie 

Respecter la colorimétrie des couleurs est une étape finale immanquable pour une belle photo de nature morte, même si rien ne vous empêche de casser les codes. Si vous photographiez en lumière naturelle, une simple balance des blancs automatique ou manuelle peut suffire. Cependant, si vous optez pour des sources d’éclairages artificiels différents (comme du tungstène et de l’halogène au rendu de couleur froid et chaud opposé) la colorimétrie risque d’être plus complexe à maîtriser. Dans le cas où vous ne souhaitez pas particulièrement gérer la colorimétrie en retouche, préférez alors des sources de même température de couleur. Si toutefois vous pensez passer par la case post-production, effectuez votre balance des blancs manuellement et utilisez des chartes colorimétrique (gris neutre, noir et/ou blanc) à apposer sur votre nature morte. Enregistrez une première image référence avec la ou les chartes pour simplifier la gestion de votre colorimétrie, puis rétablissez la balance des blancs grâce à la pipette de sélection de balances des blancs, disponible sur la plupart des logiciels de retouche. 

Pour conclure 

Photographier des sujets inanimés façon nature morte est un excellent exercice créatif et technique. Cela permet de prendre son temps et de contrôler avec soin et attention son image, de la mise en scène à l’éclairage en passant par la prise de vue et la gestion colorimétriques. En plus, comme les sujets ne bougent pas, vous pouvez recommencer à souhait et faire de nombreux essais jusqu’à obtenir l’image parfaite. 


© Rezel Apacionado on Unsplash

 

Par Céline Nebor

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