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À l’occasion de l’ouverture du Carnaval ce jour à Rio de Janeiro, Blind a déniché pour vous les clichés de Marcel Gautherot, l’un des rares photographes à avoir saisi cet événement dans les années 1950 et 1960.


Carnaval de rua, homens fantasiados de mulher, circa 1951 © Marcel Gautherot/ Acervo Instituto Moreira Salles

Avant d’être le phénomène touristique que l’on connaît aujourd’hui, le Carnaval de Rio est avant tout une tradition culturelle qui célèbre durant quatre jours l’art de la samba et celui du travestissement. Danseurs, musiciens, notables, ouvriers ou simples passants, la ville entière se transforme au rythme transcendant des percussions et avec elle le coeur de ses habitants.

Une célébration qui va fasciner le jeune photographe français Marcel Gautherot qui au tournant des années 1940 - alors âgé d’une trentaine d’années - découvre ce pays haut en couleur. Il en documentera tous les aspects : la nouvelle capitale Brasilia métamorphosée sous les mains de l’architecte Oscar Niemeyer, les tribus d’Amazonie et les nombreuses coutumes qui font la richesse du Brésil. 


Integrantes do cordão Filhos do Morro no carnaval, circa 1964 © Marcel Gautherot/ Acervo Instituto Moreira Salles

Samba 

« Il a été de ceux qui se sont plongés dans le thème du carnaval, photographiant cette fête populaire pendant des années », commente Sergio Burgi, coordinateur de la photographie à l’Institut Moreira Salles de Rio qui détient les archives du photographe. « Mais il s’est surtout concentré sur les écoles de samba » ajoute-t-il. Sur ses images défilent les visages tantôt concentrés tantôt enivrés des musiciens, vêtus aux couleurs et aux motifs de leur école. Et à chaque quartier son école : Portela, Beija-Flor, Mangueira… 

Sur ses photographies noir et blanc, la blancheur des costumes contrastent avec les chairs sombres qui les portent. Car la samba a été inventée par la communauté d’anciens esclaves venus d’Afrique qui se sont installés à Rio au début du XXe siècle, peu de temps après avoir été libéré. 


Afoxé Filhos de Gandhi no carnaval, circa 1964 © Marcel Gautherot/ Acervo Instituto Moreira Salles

Être un autre 

Mais le carnaval c’est surtout l’occasion d’oublier qui on est, d’où l’on vient, ce que l’on vit au quotidien. Les hommes deviennent des femmes, les femmes se transforment en princesse et les princesses en créatures à plumes, os et paillettes, rappelant une fois de plus les origines africaines de cette fête cathartique. 

Comme sur ce cliché où ce jeune couple modeste peut le temps d’une journée porter les élégants costumes d’un roi et d’une reine et rêver à une autre vie. C’est le Carnaval, tout est permis. 


Integrantes do cordão Filhos do Morro no carnaval, circa 1964 © Marcel Gautherot/ Acervo Instituto Moreira Salles

 


Bonde no carnaval lotado de foliões, circa 1951 © Marcel Gautherot/ Acervo Instituto Moreira Salles

 


Carnaval, 1954 © Marcel Gautherot/ Acervo Instituto Moreira Salles

 


Afoxé Filhos de Gandhi no carnaval, circa 1964  © Marcel Gautherot/ Acervo Instituto Moreira Salles

 


Carnaval de rua, circa 1954 © Marcel Gautherot/ Acervo Instituto Moreira Salles

 

Par Coline Olsina

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