Claudia Andujar, vies de resistance
Genocídio do Yanomami (Génocide des Yanomami) est le nouveau livre de la photographe Claudia Andujar, dont le travail documente et défend depuis plusieurs décennies les droits du peuple Yanomami au Brésil.
Par Gaia Squarci. Photographies de Claudia Andujar.
Des portraits intimes et des instantanés pris sur le vif dominent ce livre, ce qui crée une puissante impression de proximité. Les photographies, prises en noir et blanc entre 1971 et 1989 et inédites jusqu’à présent, ont été imprimées puis rephotographiées sous une lumière chaude aux directions et intensités changeantes. La même image apparaît souvent plusieurs fois sous un éclairage différent, construisant comme une séquence cinématographique où les images fixes semblent s’animer sous la tridimensionnalité et la matérialité de chaque tirage.
Les Yanomami sont l’un des plus grands peuples autochtones de l’Amazonie, vivant dans des régions isolées du nord du Brésil et du sud du Venezuela. En tant que chasseurs‑cueilleurs et horticulteurs, leur relation à la terre a permis de protéger de vastes étendues de forêt tropicale. Au fil des décennies, ils ont subi violence et menaces de la part de mineurs illégaux, ou via la déforestation et les maladies — des conditions aggravées par des politiques étatiques qui ont normalisé la dépossession et transformé des crises ponctuelles en urgence humanitaire durable.
Au‑delà de sa pratique artistique, Claudia Andujar a co‑fondé en 1978 la Commission Pro‑Yanomami pour dénoncer la dévastation minière, soutenir des programmes de santé et lutter pour les droits territoriaux. En travaillant avec des leaders yanomami tels que Davi Kopenawa, cette campagne a conduit à la délimitation officielle du Territoire Indigène Yanomami en 1992, après 14 années de mobilisation soutenue.
Genocídio do Yanomami est publié par VOID et disponible au prix de 58 €.