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D’amour et de douleur

Le livre ATC 1963 d’Ana Hop retrace la vie, les luttes et la tendresse de la tante de l’autrice, Arminda, qui vit avec une paranoïa schizophrénique.


Par Gaia Squarci. Photographies d’Ana Hop.

L’ouvrage se déploie selon une chronologie souple: elle débute avant la naissance d’Arminda, la suit à travers l’enfance, l’adolescence puis l’âge adulte. Dans des images d’archives et des portraits récents, les photographies révèlent la détérioration progressive de son état mental. Des natures mortes réalisées dans l’espace domestique ponctuent l’ensemble ; nombre d’entre elles portent un léger déséquilibre : quelque chose semble déplacé, une dissonance qui fait écho au monde intérieur d’Arminda.

Des notes manuscrites de la tante de l’autrice traversent le récit. Elle y évoque ce qu’elle aime ou déclare : « J’ai la schizophrénie et je t’aime très fort. » Pendant des années, sa condition — bien qu’abordée avec davantage d’ouverture aujourd’hui — est restée un secret de famille.

Au cœur du livre se trouve l’amour : celui d’une nièce et d’une sœur — la mère d’Ana — envers Arminda. Mais l’ouvrage est aussi traversé par une question. Puisque sa maladie l’a empêchée de travailler ou de mener une vie sociale active, il est difficile de ne pas s’interroger sur la mesure dans laquelle ces restrictions imposées ont pu contribuer à l’aggravation de son état. En définitive, ce travail affirme la nécessité de rendre visibles la douleur et la marginalisation qui entourent encore les personnes vivant avec une maladie mentale.

Le livre ATC 1963 est publié par Editorial RM et disponible au prix de 35 euros.

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