La beauté, une histoire de famille et de labeur
Dans le livre Too Many Products Too Much Pressure, la photographe Janet Delaney suit son père durant sa dernière année en tant que vendeur de produits de beauté, révélant une fresque du travail, de la famille et de l’amour, à la fois pleine d’humour et de tendresse.
Par Gaia Squarci. Photographies de Janet Delaney
En 1980, alors qu’elle vient de commencer son MFA à San Francisco et développe un intérêt pour le monde du travail, Delaney accompagne son père pendant une semaine en déplacement professionnel. Ses photographies documentent ses longs trajets et visites sans fin dans les magasins, et saisissent le mouvement constant et l’énergie du métier de son père.
Avec ses couleurs vives et le recours au flash direct, les images révèlent les salons de beauté avec un regard critique mais joueur — la photographe étant aussi influencée par une génération qui questionne la rigidité des rôles genrés et la culture de consommation. Son travail documente la routine des ventes avec humour, tout en restant attentive aux personnes qui exercent cette profession.
Au fil du temps, Janet Delaney a perçu la dévotion de son père sous un jour nouveau. Ainsi, les soirées manquées et les horaires prolongés n’étaient-ils pas seulement les exigences de ce commerce, mais la preuve d’un père déterminé à offrir à ses enfants ce qu’il n’avait, lui, pas eu. L’histoire devient avant tout un témoignage d’amour et d’engagement. « Il faut l’aimer », dit son père Bill, évoquant le rythme, les argumentaires, et l’énergie constante qui l’ont fait avancer dans la vie.
Le livre Too Many Products Too Much Pressure est publié par Deadbeat Club et disponible au prix de 55 $.