À travers dix-huit pays et plus de deux cent photographies, Afrosurf est le premier ouvrage qui revient sur l’histoire de la culture surf en Afrique.

© Djibril Drame

Il est communément raconté que l’histoire du surf débute en Polynésie mais il n’en est rien pour Kevin Dawson, professeur d’histoire à l’Université de Californie, spécialité des cultures aquatiques et de la diaspora africaine, qui dans l’introduction de l’ouvrage Afrosurf raconte que « le premier témoignage rendant compte du surf a été écrit en 1640 décrivant une scène qui se déroulait dans ce pays qu’on appelle  le Ghana aujourd’hui ».

Édité grâce à une campagne de financement participatif, ce projet initié par la marque de surf sud-africaine Mami Wata (qui signifie Mère Océan) et son co-fondateur, Selema Masekela, prend le pari d’explorer l’histoire encore jamais racontée du surf en Afrique. Moins bien connue que la Californie ou la côte sud de Australie, l’Afrique est pourtant un continent qui offre la plus grande variété de vagues et de spots sauvages de surf. Selon Masekela, « l’afrosurf va redéfinir la manière dont les gens perçoivent cette activité et le mode de vie qui l'accompagne ». Entre les traditions de chaque pays et une pratique souvent moins bling-bling, l’afrosurf redonne ses lettres de noblesse à ce sport souvent happé par les grandes marques, les sponsors et les enjeux financiers.

© Nicole Sweet

De nombreux auteurs et photographes tels que Nicole Sweet, Alan Van Gysen, Michael Ochs proposent de rencontrer des figures emblématiques ainsi que des inconnus du surf en Afrique. Du Ghana au Cap-Vert en passant par le Nigéria ou encore l’Afrique du Sud, on traverse dix-huit pays entre portraits de surfeurs et surfeuses qui nous racontent leur parcours comme Joshe Falkner qui n’a rencontré qu’une fois adolescent son père gangster ou encore la jeune Aita Diop, âgée de quinze ans, née à Dakar et qui revient sur ses débuts dans ce sport. Soutenue par sa famille, celle qui considère que l'océan a été à ses côtés aussi loin qu’elle s’en souvienne, avoue combien il est difficile d’être une jeune femme surfeuse au Sénégal. L’ouvrage revient également sur l’histoire de l’afrobeat, ce genre musical nigérian qui a connu son heure de gloire dans les années 70 avec le chanteur et musicien Fela Kuti.

Entre des portraits mis en scène ou pris dans le creux de la vague et des vues des villes et de l’océan qui laissent rêveur, plus de 200 photographies illustrent Afrosurf composé d’illustrations, de poèmes, de recettes de cuisine et même d’une mini bande dessinée. « Tous les bénéfices du livre sont reversés à deux organisations africaines de surfthérapie : Waves For Change et Surfers Not Street Children » assure Meltaka qui compte bien avec ce livre, « instaurer un changement dans l’histoire du surf ».

 

Par Sabyl Ghoussoub

 

Afro Surf , Mami Wata, dirigé par Selema Masekela, Penguin Random House, 200 photos, 320 pages, 30 £.

 

© Nana Yaw Oduro
© Marco Gualazzini

 

Lire aussi : Giulia Frigieri, une sirène en Iran

 

Article précédent Article suivant