Memoryscape, 2025 © Marilia Destot

EN IMAGES

Marilia Destot, quand la mer et le temps sont déchirés

Présentée aux festivals Planches Contact et Photo Days, la série « Memoryscapes » de Marilia Destot réunit des paysages marins traversés par la mémoire et l’émotion. En captant la brume, la lumière et le mouvement, la photographe fait de la photographie un espace méditatif entre réel et souvenir.

 

Par Jonas Cuénin. Photos de Marilia Destot.

Memoryscape, 2025 © Marilia Destot
Memoryscape, 2025 © Marilia Destot

Entre les falaises et la mer, Marilia Destot capte la fragilité du visible. Ses paysages, faits d’empreintes et de déchirures, dessinent une mémoire en suspens. Chaque image semble née d’une respiration lente, à la frontière de l’absence et du souvenir.

Memoryscape, 2025 © Marilia Destot
Memoryscape, 2025 © Marilia Destot

Les vagues s’effacent, se répètent, s’effritent comme des mots qu’on ne retient pas. Marilia Destot photographie la mer comme on écoute un silence — attentif, intérieur. Le geste de la main, qui déchire ensuite le papier, devient une seconde lumière.

Memoryscape, 2025 © Marilia Destot
Memoryscape, 2025 © Marilia Destot

Surtout, ces déchirures sont fines et délicates. Ici, elles remplacent la limite entre la pierre et le sable, là elles miment l’écume des vagues. Parfois, elles sont des éclairs dans la nuit bleue, ou le ciel gris. C’est une altération de l’image à la fois simple et belle, sans artifice, et ainsi si bien pensée.

Memoryscape, 2025 © Marilia Destot
Memoryscape, 2025 © Marilia Destot

Parfois, un oiseau traverse le cadre, une branche fend la brume, un éclat d’écume illumine la surface. Ce sont des présences minuscules, presque invisibles, mais qui redonnent souffle à l’ensemble. Chaque trace, chaque déchirure, dit quelque chose du passage.

Memoryscape, 2025 © Marilia Destot
Memoryscape, 2025 © Marilia Destot

Ainsi, dans ces horizons partagés entre le ciel et l’eau, le temps s’étire t-il. L’image se fissure, puis se reconstruit. La matière photographique devient vivante, poreuse, prête à se dissoudre. Marilia Destot interroge aussi ce qui nous échappe : l’impermanence, la transparence, l’effacement. Ses œuvres nous poussent à regarder ces paysages de près, avec attention, surtout lorsqu’un bout s’en efface.

 


« Memoryscapes », de Marilia Destot, est exposée jusqu’au 5 janvier 2026 au festival Planches Contact à Deauville et jusqu’au 30 novembre 2025 au We Are Club à Paris, dans le cadre du festival Photo Days.

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