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Planches Contact : un festival dans, pour et au-delà de la ville

Planches Contact : un festival dans, pour et au-delà de la ville

À travers les regards de vingt-et-un photographes, le festival photo Planches Contact organisé à Deauville poursuit son exploration du territoire avec vitalité.
Costanza Gastaldi, Douce Incise, photo4food pour Planches Contact 2021 © Costanza Gastaldi

Quel regard porte les photographes sur une ville, un territoire, des habitants ? Comment l’identité d’un lieu peut-elle se réinventer sans cesse ? C’est cette exploration-là que le festival Planches Contact mène depuis déjà plusieurs années. Sa 12e édition dirigée par la directrice artistique Laura Serani et mise en scène par Bruno Moinard confirme plus que jamais la singularité de ce festival qui s’est donné pour thématique l’exploration et la restitution de tout ce qui constitue les facteurs d’identité d’une ville et du territoire alentour. Les expositions sont conçues à partir de productions inédites des photographes et en résonance avec l’environnement, les paysages et les espaces de Deauville et ses environs. « Fictifs, sentimentaux, littéraires, impossibles ou réels, ces voyages photographiques traceront une cartographie imaginaire de la Normandie », affirme Laura Serani.

Sept photographes et collectifs de photographes dénichés lors des résidences sur le territoire, chacun et chacune avec sa sensibilité propre. On notera notamment la Normandie des écrivains dans laquelle Anne-Lise Broyer nous transporte. Elle parle ici de « la Normandie comme un lieu d’écriture, de tracer une ligne qui relie des livres entre eux, des moments de vie qui n’ont pas grand-chose en commun si ce n’est un territoire et le fait qu’ils constituent pour (elle) un réel éveil au monde tant littéraire que politique. »  Le photographe Antoine d’Agata, quant à lui, entre deux voyages au Mexique, est venu plusieurs fois durant l’hiver découvrir la Normandie sous le couvre-feu et a tracé ainsi sa cartographie de la région basée sur des faits historiques marquants et sur son expérience du territoire. On trouvera aussi les images des photographes Baudouin Mouanda, Joan Fontcuberta, Pilar Rosado, SMITH et du collectif Riverboom qui revient cette année avec une œuvre poétique qui mêle performance, calligraphie et recherche sans fin du temps, réalisée dans le lieu le plus symbolique de Deauville, cette partie de la plage qui ne se montre que quelques heures par jour. The Anonymous Projet, collection de photographies en couleur amateur du XXe siècle, fondée par Lee Shulman, a été également invitée à sélectionner une série d’images joyeuses, amusantes ou ludiques.

Joel Meyerowitz, Coast to Coast de Cape Cod à Deauville pour Planches Contact 2021 © Joel Meyerowitz
Pierre-Elie de Pibrac, In Lumine_Un Mauvais Fils, photo4food pour Planches Contact 2021 © Pierre-Elie de Pibrac

À côté de ses photographes invités, le Prix Tremplin Jeunes Talents Planches Contact dont le jury est présidé par Sarah Moon a sélectionné quatre talents qui ont bénéficié d’une résidence de création de plusieurs semaines à Deauville : Teo Becher, Celine Croze, Alisa Martynova et Antoine Lecharny dont la série en noir et blanc prise dans un train, dans une succession d’allers-retours entre Deauville et Paris, saisit depuis sa fenêtre le paysage qui est offert aux voyageurs. Pour la deuxième année du partenariat avec la fondation photo4food, cinq artistes, Pierre-Elie de Pibrac, FLORE, Costanza Gastaldi et Caimi&Piccinni exposent sur la plage de Deauville un travail photographique inédit, produit lui aussi en résidence pour le festival.

À travers de nombreuses références au cinéma, un récit personnel ou encore un territoire réimaginé, la côte normande se réinvente pleine de poésie à travers les séries des photographes. Le fruit de la vente de ces photographies ira à une association caritative de la région, sélectionnée par la Fondation, en lien avec la Ville de Deauville.  « Le but de la fondation est de mettre l’art au service des autres. Cette initiative est l’essence même de notre raison d’être : combattre la pauvreté grâce à la vente de photographies et rendre la générosité de nos photographes en leur donnant une exposition unique » précisent Virginie et Olivier Goy, fondateurs de photo4food.

Joel Meyerowitz, Coast to Coast de Cape Cod à Deauville pour Planches Contact 2021 © Joel Meyerowitz
The Anonymous project, Storyville, pour Planches Contact 2021

Déjà constitutives de l’ADN du festival, les expositions géantes et en extérieur sont privilégiées et offrent ainsi à tous les regards un aperçu de la complexité et de la richesse de la scène photographique contemporaine. Après le New Brighton de Martin Parr lors de l’édition 2020, le festival invite cette fois-ci sur sa plage le Cape Cod de Joel Meyerowitz. Deauville, capitale du cinéma américain, se devait de rendre hommage au maitre de la photographie américaine qu’est Meyerowitz, ce New-Yorkais qui fréquentait en été Cape Cod, pendant sur la côte est américaine, de Deauville sur la côte ouest française.

Céline Croze, Silence Insolent pour Planches Contact 2021 © Céline Croze

Par Sabyl Ghoussoub

Né à Paris en 1988 dans une famille libanaise, Sabyl Ghoussoub est un écrivain, chroniqueur et commissaire d’exposition. Son deuxième roman Beyrouth entre parenthèses est sorti aux éditions de l’Antilope en août 2020.

Planches Contact, 12e édition du Festival de photographie de Deauville, du 23 octobre au 2 janvier 2022. Direction artistique : Laura Serani.

SMITH, Désidératio (Année 2666), pour Planches Contact Deauville 2021 © SMITH
Téo Becher, HOME SENSATIONS, pour Planches Contact 2021 © Téo Becher
FLORE, Que d’amour c’était photo4food pour Planches Contact 2021 © FLORE

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