Thomas Prior, à la recherche de sens
Slip Me the Master Key, la nouvelle monographie du photographe Thomas Prior, offre une vision singulière du monde contradictoire dans lequel nous vivons.
Par Gaia Squarci. Photographies de Thomas Prior.
Rassemblant deux décennies de travaux, aussi bien de commande que personnels, le livre couvre une grande variété de scènes et de détails à travers le monde. Ce qui les relie, c’est la présence omniprésente de la technologie, du pouvoir, du capitalisme et des effets du changement climatique. La séquence s’ouvre sur un simple verre d’eau posé sur un bureau, la glace fondant à l’intérieur. La légende indique : « L’eau la plus propre de NYC (ArcisArtStorage), New York, 2019 ».
Les photographies de Thomas Prior sont dépouillées de tout détail superflu. La lumière y est souvent belle, mais toujours fonctionnelle. Au cœur de ce langage visuel sobre, où le sens émerge des sujets choisis plutôt que d’un point de vue explicite, se trouve une recherche d’orientation dans un monde anthropocentrique. La tension qui parcourt son travail réside dans ce double mouvement : la volonté de contrôle, reflétée par son approche méticuleuse et perfectionniste, et l’imprévisibilité qui gouverne notre monde, une force échappant naturellement à toute emprise humaine.
Un autre thème récurrent du livre est la réflexion sur notre besoin d’interconnexions : au sein de l’espèce humaine, mais aussi avec la nature, l’espace et le surnaturel. Slip Me the Master Key est l’œuvre d’un photographe tentant de décrypter à travers ses images un monde plein d’énigmes, à la recherche de sens, tout en proposant des questions ouvertes au lecteur.
Slip Me the Master Key est publié par Loose Joints et disponible au prix de 57 Euro.