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Vive la photographie à Art Paris !

Rendez-vous de printemps incontournable de l’art moderne et contemporain, Art Paris fête ses 25 ans au Grand Palais Éphémère du 30 mars au 2 avril 2023. Comme les précédentes, cette édition anniversaire accorde une place de choix à la photographie parmi les 900 artistes présentés. Florilège.

« À la fois régionale, nationale et cosmopolite », comme aime à la définir Guillaume Piens, directeur de la foire depuis 2011, Art Paris réunit cette année 134 galeries de 25 pays. Après les questions environnementales, 2023 poursuit l’exploration de thématiques sociétales qui font l’actualité, une façon d’ancrer la foire dans la réalité du présent.

Angèle Etoundi Essamba, Couronne en dentelle 2, 2020, Galerie Carole Kvasnevski
© Angèle Etoundi Essamba, Couronne en dentelle 2, 2020, Galerie Carole Kvasnevski

Art & Engagement

Ainsi, le commissaire invité Marc Donnadieu présente le focus Art & Engagement, un intitulé qui en dit long sur la volonté de souligner l’importance du rôle de l’artiste dans la société en notre temps troublé par la guerre.

Parmi les vingt propositions de l’ancien conservateur en chef du Musée de l’Elysée à Lausanne figurent Prune Nourry (Galerie Templon), Angèle Etoundi Essamba (Galerie Carole Kvasnevski) et Laura Henno (Galerie Nathalie Obadia) traitant respectivement du thème de la maladie, de la condition des femmes africaines et de ces individus réunis en communautés qui décident de vivre en marge de la société.

Ces trois artistes ont en commun de mettre l’humain au cœur de leur analyse, que ce soit à travers des installations mêlant sculptures, photographies, vidéos et performances, une galerie de portraits en noir et blanc de facture classique ou des tirages grand format en couleur associés à des films. 

© Laura Henno, The Story Teller, 2012, Galerie Nathalie Obadia
© Laura Henno, The Story Teller, 2012, Galerie Nathalie Obadia

Autre commissaire invitée, Amanda Abi Khalil, fondatrice de la plateforme curatoriale nommée TAP (Temporary Art Platform) en 2014, a réuni 17 artistes autour du thème brûlant de l’exil. Roberto Cabot (Galerie Anne de Villepoix) s’empare de ce sujet délicat à travers des collages photographiques faisant figurer des hauts lieux touristiques de différents pays, par exemple la montagne du Pain de Sucre de Rio de Janeiro et Notre-Dame de Paris.

À travers ces paysages imaginaires, l’artiste offre une représentation visuelle de l’ambivalence des sentiments auxquels font face ceux qui vivent l’exil. Un sujet dont l’artiste fait lui-même l’expérience puisque, après avoir quitté son Brésil natal, il a vécu en Argentine et aux États-Unis, et réside actuellement en France. 

Dans le même secteur, il ne faut pas rater Boris Mikhaïlov à la Galerie Suzanne Tarasieve. L’artiste ukrainien, lui, est resté dans son pays pendant l’époque soviétique malgré la difficulté d’exercer son métier dans cette période de privation de liberté. Inédite, sa série « Sots Art » réalisée dans les années 1975 à 1986 montre comment, par l’utilisation de l’aquarelle sur ses tirages photographiques noir et blanc, il est parvenu à transformer le réel en fiction, et ainsi échapper au joug de la censure.

Boris Mikhaïlov, Sans titre, série Sots Arts, 1975-1986, avec l'aimable autorisation de la Galerie Suzanne Tarasiève
© Boris Mikhaïlov, Sans titre, série Sots Arts, 1975-1986, avec l’aimable autorisation de la Galerie Suzanne Tarasiève

Promesses

La photographie n’est pas en reste dans le secteur Promesses dédié aux galeries de moins de six ans d’existence. Parmi les neuf présentes cette année, citons Gaep (Bucarest) avec le Croate Damir Očko et ses collages flirtant avec le surréalisme, ainsi que Hors-Cadre (Paris) qui rassemble trois artistes, dont Lucile Boiron et son travail troublant et cru sur la chair humaine.

Ailleurs dans la foire, on retrouve cette même diversité d’écritures reflétant la richesse et la créativité du médium aujourd’hui. Témoins : et ses modèles 3D de nuages issus de sites de jeux vidéo chez Binome ; les photos-sculptures de Thomas Jorion chez Esther Woerdehoff ; les images oniriques du Japonais Hideyuki Ishibashi chez Ibasho (Anvers) ; le travail mystérieux de l’Italien Renato D’Agostin chez Bigaignon, galerie participant pour la première fois, ou encore les vues architecturales de Lucien Hervé chez Camera Osbcura. 

Lucile Boiron, Partie humide I, Mater, 2022, Photographie, 160 x 110 cm, Galerie Hors-Cadre
© Lucile Boiron, Partie humide I, Mater, 2022, Galerie Hors-Cadre
Thomas Jorion, Monolithe #3, 2022, Galerie Esther Woerdehoff
© Thomas Jorion, Monolithe #3, 2022, Galerie Esther Woerdehoff
© Renato D'Agostin, Veni Etiam Aer 2, 2022, Bigaignon
© Renato D’Agostin, Veni Etiam Aer 2, 2022, Bigaignon
Thibault Brunet, sans titre #6, série 3600 secondes de lumière, 2022 tirage jet d’encre sur papier epson ultra smooth contre­col­lage sur Dibond, enca­dre­ment, verre anti­re­flet pièce unique - 100 x 100 cm
© Thibault Brunet, sans titre #6, série 3600 secondes de lumière, 2022
Lucien Herv‚ Cabanon du Cap-Martin (Le Corbusier), 1951, Courtesy Galerie Camera Obscura
© Lucien Herv‚ Cabanon du Cap-Martin (Le Corbusier), 1951, Courtesy Galerie Camera Obscura


Art Paris Art Fair. Du 30 mars au 2 avril 2023 au Grand Palais Éphémère, à Paris.

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