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Le temps des ruines

Ruines, désolation et décrépitude sont au cœur de cette exposition, présentée à la Galerie des Minimes jusqu’au 3 mars 2024. La scénographie sous-tend un dialogue entre les deux projets qui, chacun de leur côté, questionnent le passage du temps et amènent le spectateur à sonder sa relation « à la vie et à la mort ».

Jeune photographe française d’une vingtaine d’années, Astrid Staes nous guide à travers des paysages et des lieux délaissés, porteurs d’un passé et aujourd’hui désolé. Son travail, à l’argentique, évoque « la nature de l’existence et la fragilité de notre monde » à travers la beauté éphémère des ruines. En résonance, le travail du photographe allemand Dieter Appelt explore le corps humain et les paysages désolés, invitant, à son tour, à réfléchir à son rapport « à la vie et à la mort ».

Entrailles © Astrid Staes, Galerie des Minimes

Sans Titre © Astrid Staes, Galerie des Minimes

Un dialogue se met en place entre les deux projets. Explorant, à leur manière, la désolation et les cycles à travers le silence de l’abandon, tous deux emplissent leurs images d’un contenu poétique et philosophique, images-textes inspirées ou non par la littérature. L’image humaine est formellement absente, mais ressentie, comme si elle était tapie dans l’ombre, invisible mais présente.

Aus Sequenz Ezra Pound © Dieter Appelt, Courtesy of Galerie Françoise Paviot

Image de la vie et de la mort © Dieter Appelt, Collection privée

Schneeloch Aus « Erinnerungsspur » / Memory trace © Dieter Appelt, Courtesy of Galerie Françoise Paviot

« Combien de fois, dans ma vie, ai-je fait l’expérience de la frustration dramoptique d’avoir vu quelque chose sans l’avoir capturé. Ce paysage, ce couloir, cette entrée, cette théière sur la table et ce rayon-là. Avec le temps, j’ai appris à courir vite pour aller chercher mes boîtiers : à l’étage, dans une voiture garée en contrebas, sur la terrasse - et quand je revenais, non seulement la lumière s’était fait la malle mais la scène en elle-même avait tout perdu de sa grâce et de sa beauté. À ce moment précis, la douleur de la frustration est telle que l’on voudrait tout arrêter. - s’alléger du poids de l’appareil et demander la cécité. » Astrid Staes

Sans Titre © Astrid Staes, Galerie des Minimes

La proie © Astrid Staes, Galerie des Minimes


L’écho des Ruines par Astrid Staes & Dieter Appelt est exposé à la galerie des Minimes, à Paris, jusqu’au 3 mars 2024.

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