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L'envoutant Mexique de Graciela Iturbide

L’envoutant Mexique de Graciela Iturbide

L’exposition Cuando Habla la Luz au Musée d’Histoire Mexicaine de Monterrey couvre 45 ans de carrière de la Mexicaine Graciela Iturbide, mettant en lumière les thèmes qui se font écho tout au long de son œuvre.

Carnaval, Tlaxcala, 1974 © Graciela Iturbide. Courtesy of Fomento Cultural Banamex, A.C.

Celle qui fut l’élève de Manuel Alvarez Bravo, qui l’a incitée à se convertir à la photographie alors qu’elle était encore étudiante en cinéma, a souvent été associée au courant latino-américain du réalisme magique. Pourtant, ce qui saute aux yeux dans Cuando Habla la Luz, et surtout lorsque l’on découvre (ou redécouvre) les photographies d’Iturbide à travers le prisme de l’imaginaire contemporain — ancré dans une époque que l’on qualifie parfois d’ « ère post #MeToo », peuplée de révoltes féministes et de voix autrefois opprimées qui commencent à s’élever —  ce sont les femmes. 

Le commissaire de Cuando Habla la Luz, Juan Rafael Coronel Rivera, a eu pour parti pris de ne pas organiser l’exposition en suivant un axe historique, mais de la déployer autour des motifs visuels qui se répètent au long de l’œuvre de Graciela Iturbide. Que les photos soient réunies autour du thème de l’autoportrait, des géométries, ou encore des oiseaux, les figures de femmes sont celles qui ponctuent l’ensemble de l’œuvre et en émergent avec intensité. 


Nuestra señora de las iguanas, Juchitán, Oaxaca, 1979 © Graciela Iturbide. Courtesy of Fomento Cultural Banamex, A.C.

Une coiffure d’iguanes et un poisson argenté 

Des noirs et blancs aux textures travaillées, surgit ainsi une femme coiffée d’une colonie d’iguanes, une autre à la longue chevelure d’ébène dans laquelle est planté un immense peigne couleur ivoire, une autre encore campée avec assurance au beau milieu d’une étendue désertique… Et lorsqu’elle réalise son autoportrait, Graciela Iturbide y injecte cette dose de surréalisme qui lui est propre, à travers le détail du poisson argenté avec lequel elle se couvre la bouche. L’on y retrouve aussi la même confiance, le même regard serein et assuré qui caractérise beaucoup de ses portraits. 

La figure féminine de l’exposition qui dégage peut-être le plus de force et de liberté est celle apparaissant sur un cliché bien connu de la photographe, Mujer ángel. Une femme à la longue chevelure, aux vêtements taillés dans des tissus amples nous tourne le dos, pour faire face à l’immensité de la nature. De l’élan dont elle semble parcourue, comme du poste de radio qu’elle tient à la main, elle tient une grande force et une grande liberté. 

L’indépendance, la liberté et la créativité rendue possible par le détournement d’objets quotidiens ou d’éléments naturels font des femmes photographiées par Graciela Iturbide des figures puissantes, créatrices, et en grande connexion avec la nature qui les entoure. Elles traversent son œuvre entière, pour en émerger comme le véritable motif directeur de la pratique de la photographe mexicaine. 


La niña del peine, Juchitán, Oaxaca, 1979 © Graciela Iturbide. Courtesy of Fomento Cultural Banamex, A.C.

Mujer Ángel, Desierto de Sonora, 1979 © Graciela Iturbide. Courtesy of Fomento Cultural Banamex, A.C.

Autorretrato, Guanajuato, Guanajuato, 1996 © Graciela Iturbide. Courtesy of Fomento Cultural Banamex, A.C.

Par Elsa Leydier

Graciela Iturbide : Cuando Habla La Luz

Jusqu’au 12 avril 2020

Musée d’Histoire Mexicaine, Dr José Ma. Coss 445, Centro, 64000 Monterrey, N.L., Mexico 

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