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Young European Photographers, Episode 3 : Rami (Belgique)

La série documentaire « Young European Photographers » explore ce qui anime la jeune création photographique du territoire européen. 

Dans ce troisième épisode, nous rencontrons Rami Hara à Bruxelles. Le photographe belgo-somalien raconte comment il déconstruit les stéréotypes sur la diaspora africaine en s’inspirant de la photographie éditoriale. 

Une joyeuse clameur provient du Jeu de Balle, le célèbre marché aux puces des Marolles dans la capitale belge. Parmi les marchands et passants, Rami Hara se fraye un chemin entre les lampes art déco, les cartons de vinyles, les verres en cristal, globes, horloges et bibelots en tout genre, à la recherche de vieux appareils photos qu’il adore négocier. 

C’est dans ce quartier toujours en effervescence que le jeune photographe est basé, après avoir vécu à Anvers, en Arabie Saoudite et à Mogadiscio, capitale de son pays natal, la Somalie. 

© Rami Hara
© Rami Hara
© Rami Hara
© Rami Hara

« C’est un peu banal, mais j’aimerais avoir un impact positif sur la vie des gens, surtout les gens qui me ressemblent, utiliser mon travail pour élever ma communauté, leur donner quelque chose à regarder rétrospectivement, afin qu’ils se souviennent d’où ils viennent » résume l’artiste de 28 ans, dont les portraits d’afro-descendants sont exposés au FOMU à Anvers et au Brakke Grond à Amsterdam. 

Dans son appartement, il reçoit ses modèles, abordés dans la rue ou sur instagram. Ils discutent, partagent certaines expériences, parfois liées au racisme. Rami Hara agence d’amples tissus irisés, nacrés ou scintillants, en provenance de Somalie et d’ailleurs. Le textile revêt une importance capitale dans son œuvre : à la fois décor, sujet et symbole pour parler de la diaspora africaine.

© Rami Hara
© Rami Hara
© Rami Hara
© Rami Hara

Dans la délicate série Do-rag, il souligne la beauté du durag, accessoire qui maintient les cheveux des femmes et des hommes noirs, trop souvent associé à la violence et aux gangs. Dans Hooyo, il met à l’honneur sa religion, l’Islam, en même temps que sa mère, muse de la série. En explorant les nuances et couleurs du voile, il prend le contre-pied de l’image uniforme des femmes voilées dans les médias. En cachant le visage de ses modèles, il reporte l’attention sur le voile en tant que vêtement vecteur d’émotion. À travers le choix du textile et des coloris de celle qui le porte.

« De nombreux pays africains ont perdu une grande part de leur histoire à cause de la colonisation (…) si l’on perd son histoire, on perd son sentiment d’identité et la fierté de ses ancêtres » explique-t-il au sujet d’un projet en cours, qui documente l’histoire de sa famille en Somalie et dans les pays où elle a immigré. 

Issu de la street photography, influencé par la photographie éditoriale, passionné par le Japon, Rami Hara nous emmène dans un univers sensible, où l’esthétique raffinée ne fait pas oublier les combats qu’il reste à mener, bien au contraire. 

© Rami Hara
© Rami Hara
© Rami Hara
© Rami Hara

Le film Young European Photographers, Episode 3 : Rami (Belgique) a été tourné en juillet et août 2022 à Bruxelles et Anvers. Il est produit par Blind Magazine et Phantastica Pictures. Il a été réalisé par Charlotte Jean et Quentin Molinié.

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