Blind Magazine : photography at first sight
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Dans l’oeil d’une rock star

Andy Summers, le guitariste du groupe The Police, nous livre une série de photographies hypnotiques révélant toute la poésie de la musique.

Au milieu des années 1970, tandis que la vague punk déferle sur l’Angleterre avec les Sex Pistols et leur chanson emblématique Anarchy in the UK, un groupe de trois musiciens se fraie sa propre voie, adoptant le nom de l’ennemi – The Police.

Mais en totale opposition avec les officiers de la police métropolitaine, le trio tire parti du reggae, du jazz et du funk pour créer un style entièrement nouveau de pop rock qui va séduire le monde entier.

En 1979, ils ont déjà deux albums à leur actif et se lancent dans une tournée américaine, « Roxanne » et « Message in a Bottle » qui deviendront des hits. Un jour, à New York, tandis qu’il regarde la télévision dans sa chambre d’hôtel, le guitariste Andy Summers décide que le moment est venu d’acheter un appareil photo et d’en faire bon usage durant les tournées.

Woman and Elvis © Andy Summers
Woman and Elvis © Andy Summers
Woman in Japan © Andy Summers
Woman in Japan © Andy Summers

Summers renoue avec son passé. À la fin des années 1960, sur la plage de la station balnéaire de Bournemouth, au Royaume-Uni, où il a grandi, il réalise ses premières images durant deux étés – avant de mettre l’appareil photo de côté pour se consacrer à sa passion pour la musique et pour les légendes du jazz comme Wes Montgomery, Kenny Burrell, ou encore Grant Green.

« Toute forme d’art est constamment orientée vers la musique »

Walter Pater, critique culturel anglais du 19ème siècle

Quand Summers rejoint le groupe Police, il est déjà un musicien chevronné. Pendant les longues périodes de latence entre les concerts, sa créativité et sa curiosité infinie pour le monde s’expriment parfaitement à travers la photographie.

Fort de son amour pour le cinéma de la Nouvelle Vague, Summers compose des scènes épiques de la vie quotidienne, à la fois mystérieuses et banales. Ses images d’alors évoquent le dicton de Walter Pater, critique culturel anglais du 19ème siècle : « Toute forme d’art est constamment orientée vers la musique. »

Jeunes moines © Andy Summers
Jeunes moines © Andy Summers

Être magique au quotidien

Avec la publication de son 5e livre, A Series of Glances, Andy Summers revisite un travail expérimental de 40 ans, réalisé au cours de ses déplacements dans le monde entier. Ce travail combine la photographie de rue, le documentaire et le portrait avec des rêveries poétiques suscitées par des lieux lointains tels que la Thaïlande, la Chine, le Maroc, le Brésil ou encore la Bolivie.

A Series of Glances rassemble 350 photographies, accompagnées d’un QR code qui permet aux lecteurs d’accéder à huit chansons inédites de Summers ainsi qu’à un enregistrement audio, où il raconte et commente la vie singulière qu’il a menée en tant qu’observateur et acteur de ses tournées.

Le livre s’ouvre par un souvenir de Summers faisant de l’auto-stop à 16 ans avec un ami, en France et en Espagne. Bien qu’il ait pris quelques photos avec son minuscule Kodak, il raconte surtout cet irrésistible « attrait d’une existence vagabonde ».

Homme au Pérou ©Andy Summers
Homme au Pérou © Andy Summers
Homme et nuage © Andy Summers
Homme et nuage © Andy Summers
Masques au Mexique © Andy Summers
Masques au Mexique © Andy Summers
Homme au Maroc ©Andy Summers
Homme au Maroc ©Andy Summers

La tentation est grande, mais Summers comprend intuitivement l’importance de ce qu’il pourrait perdre. « J’ai eu le sentiment profond que ma guitare, mes films japonais en noir et blanc, mes livres, mes disques de jazz me manqueraient – sans compter ma petite amie française, qui était encore en Angleterre », écrit-il. « Je voyais clairement que tout se passait là-bas – j’avais hâte de rentrer. »

« Aussi peu de mots que possible. Ne dites rien de la photographie. C’est une jungle, c’est une rivière, c’est une ville, c’est quelque part … C’est tout »

Andy Summers

Tandis que The Police s’affirme comme le groupe de rock le plus en vogue de 1983, Summers travaille à un premier livre avec le photographe et éditeur Ralph Gibson. L’année suivante, c’est le choc, pour les fans du monde entier : les membres du groupe se séparent, à l’apogée de leur succès.

Confronté au quotidien de la vie, Summers s’aventure à devenir un artiste indépendant, utilisant à la fois sa pratique de la photographie et de la musique. Une fois de plus, il récapitule son expérience avec « The Cracked Lens + A Missing String », une série de concerts solo où la musique, la photographie et la littérature fusionnent dans une expression hypnotique de l’art. 

« Obturateur ouvert – obturateur fermé », écrit Summers dans l’ouvrage. « Aussi peu de mots que possible. Ne dites rien de la photographie. C’est une jungle, c’est une rivière, c’est une ville, c’est quelque part … C’est tout. »

A Series of Glances est publié par teNeues, 80 €, 125 $, 69,95. 

« The Cracked Lens + A Missing String » : en tournée aux États-Unis et au Canada jusqu’au 10 décembre 2023. 

Artiste de cirque © Andy Summers
Artiste de cirque © Andy Summers
Garçon Africain © Andy Summers
Garçon Africain © Andy Summers

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